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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 13:31

 

 

 

nous avons marché et la peau nous a fait mal nos langues nous ont étouffés nos cris se sont étranglés nos pieds se sont déformés nous avons marché et marché et marché nous avons beaucoup rêvé aussi beaucoup rêvé tandis que quelque chose nous tuait nous avons rêvé d’autres rêves d’autres géographies d’autres marches surtout nous avons rêvé de ne plus jamais jamais jamais rêver ni marcher malgré tout nous avons rêvé les balles les bombes le feu plus loin que nos silhouettes en mouvement plus loin plus loin oui là où seulement l’écho le souvenir la cicatrice nous avons rêvé la cicatrice dans le matin l’attente d’un soir la cicatrice et le silence de nos morts abandonnés des kilomètres et des kilomètres avant la résignation nous avons marché et marché et marché juste avant la résignation marché juste avant pour seulement écouter cette guerre entrecoupée de silences bien plus effrayants encore de silences bien plus effrayants que la seule haine qui couve nous avons marché alterné le plein et le vide le plein et le vide le plein et le vide nous avons marché et marché et marché et qu’avez-vous dit qu’avez-vous dit lorsque nous avons choisi de ne plus rien dire lorsque nous avons choisi de seulement écouter nos semelles nos os nos plaies et le crissement de la caillasse dans l’aube qu’avez-vous dit dans ce fracas votre immobilité votre refus de nous voir ou de seulement nous entendre qu’avez-vous dit pendant toutes ces années où nous nous sommes tus toutes ces années où nous nous sommes tués dans le vivre l’existence la marche le refus encore et toujours le refus de s’arrêter de regarder en arrière ou d’espérer autre chose que la fin de la souffrance qu’avez-vous dit dans nos larmes nos idéaux notre marginalisation consentie nos crânes bien pourrissants qu’avez-vous dit lorsque cette guerre à vos portes toujours closes cette guerre ce fracas et chaque matin nous avons marché et marché et marché encore seuls encore loin et encore rien nous avons marché nous avons accepté cette fidélité à la pierre au mouvement aux recommencements sans fin nous avons accepté comme parfois accepter équivaut à tout refuser dans l’attente d’un soir jamais à venir tout refuser et jusqu’au refus même nous avons marché et marché et marché toujours

 

 


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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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