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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 19:03

 

 

 

 

nous avons marché chacun à notre rythme chacun selon ses enjambées et par-delà le monde par-delà la souffrance le quotidien l’impasse des jours creux nous avons marché et appelé et crié quand souvent plus rien ne crie quand souvent plus rien nous avons marché et marché et marché jusqu’à un soir qui ne viendrait plus jusqu’à un soir mais seulement la langue le tendon la sueur le muscle et la dispersion de la chair plus loin que la pluie les balles les bombes lorsque plus rien plus rien plus rien nous avons marché encore lutté contre la caillasse branches buissons ronces racines humus nous avons lutté et marché lorsque plus rien plus rien plus rien sinon le sol le creux la résonance étouffée de nos corps dans la lumière l’ombre la poussière nous avons marché et marché et marché toujours plus avant toujours plus loin nous avons marché comme on écrit comme on crève nous avons marché sans jamais jamais jamais nous retourner sans jamais et la terre et la boue et la crampe et la pluie tout au bout nous avons marché chacun d’un pas différent d’un sol différent et la boue nous avons marché et marché et marché au quotidien poursuivi l’absurdité la lenteur la pourriture ce fracas derrière la limite nous avons marché inventé des cadastres une autre utilité du corps une autre façon d’être simplement debout et en mouvement une autre façon d’être une autre façon tandis que nos visages la fatigue les rides les cernes tandis que nous avons marché encore et marché et marché et marché sans repos sans sommeil cette seule obligation cette vigilance contre le néant l’arrêt l’immobilisme la fin d’un monde que nous inventons nous avons marché et respiré et pleuré aussi 

 

 


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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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