Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
Il disait non pas encore non
il disait non dans ce (pas encore)
qui lui restait de possibles il disait
(pas encore) non il disait non il disait
le rien qui lui restait à dire il disait
ce rien il y a longtemps
longtemps
longtemps ce rien
longtemps que je vous l'ai laissé
longtemps que je vous l'ai offert
longtemps que je m'en suis débarrassé
longtemps que je l'ai sacrifié
longtemps oui longtemps que je n'ai plus rien à y perdre ce rien
je vous l'offre il disait
je vous l'enrobe dans ma langue vide ce rien il
disait ce rien disait
tout ce qu'il avait dit depuis ce rien depuis
la table
la chaise
l'attente
la pièce
la révolte
le corps empli de barricades
de caillasses et de cris
de cris
de cris
de cris
il disait ce rien je vous l'offre
avec mon premier et dernier souffle je vous l'écris il disait
ce rien est pour vous pour
cette époque et cette langue pour
cette terre et ce vide pour
cette part d'oubli et d'abandon pour
cette peau et cette plaie il disait
ce rien est pour vous qui n'avez
plus rien à perdre il disait
ce rien est tout entier pour vous à crever
pour la faiblesse des mots et de la voix
les miens il disait les miens je vous les offre avec
ma faiblesse avec
mon rien tout entier à la table du désastre
il disait non pas encore il disait oui
tout reste encore à finir
dans cet inachevé qui nous sert de cuisine de l'enfer
au quotidien