Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
je dis :
un matin dans la nuit un matin je dis toujours dans la nuit étirer l’impossibilité du matin du
matin dans la nuit étirer de chaque instant la nuit étirer étirer
étirer la voix + la pensée + le désir + l’attente d’un matin qui jamais dans la nuit étirer je deviens
je dis :
et trouver membres mains bouches respiration et trouver l’impossibilité du matin du
(membres mains bouches respiration)
quotidien (dans la nuit) infinitif présent recommence et recommence infinitif quotidien si
j’avance l’idée qu’il n’y a pas d’idée j’avance l’idée qu’il n’y a pas d’identité
sinon un battement (temps corps sang poumon désir)
infinitif
(temps corps sang poumon désir)
un battement infinitif (quotidien de) un battement qui est mouvement de la pierre au plus profond un battement
infinitif
de la pierre un battement dans la nuit de la pierre un battement dans la nuit nous bouffe
dans l’idée d’un battement qui est l’idée contre la douleur de l’hiver quarante heures par
semaine quarante heures à résister quarante heures dans l’impasse qui se veut une route traverse
je dis :
contre la douleur et l’angoisse
l’impasse d’être traverse et résister
de part en part l’idée de corps est une idée traverse os et tripes os et oxygène traverse
corps dans traverse un battement une nuit un battement chiens crevés un battement traverse
un battement qui est l’idée
de part en part sang sperme et sueur vivre l’impasse des jours expulsés expulsés expulsés de et
expulsés sommes chiens dans le froid chiens dans l’hiver crevés chiens crevés expulsés
je dis :
de part en part
un battement de part en part
des jours répétés impasse chronologique disparition chronique impasse quarante heures quarante heures par semaine
impasse du vivre
quarante heures et des poussières s’amassent sang sperme et sueur la nuit sans fin ni
(quarante heures quarante et des poussières)
commencement la douleur et l’ennui quarante heures sans idée sans corps
sans papiers
sans vouloir
je dis :
l’étrange étrangèreté des nuits puis des matins sans toits je dis l’étrange étrangèreté
à crever de faim de froid de silence et d’oubli surtout d’oubli surtout d’oubli à en crever
(quarante heures par semaine sommes poussière quarante heures)
sommes poussière
à crever dans la fin d’une fin quarante heures une civilisation à crever une civilisation qui est une fin
dans sa langue morte qui sa langue pas ma langue pas notre langue de sans-papiers sans langue
je dis :
nous sans-papiers à la recherche d’une malangue (au fond de au fond de cette décivilisation au fond de)
quarante heures la faim à recommencer quarante heures oui de part en part un battement
quarante heures crever puis recommencer langue et corps (identité) recommencer
identité
qui est l’idée d’une idée d’une idée qui
est mouvement impossible mouvement nécessaire mouvement nécessaire mouvement
nécessaire mouvement hors de