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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 13:24

 

 

 

Apprendre que son amour sort des urgences et se tord encore de douleurs au ventre doublées de saignements

Rien de visible à l’échographie

Annonce sa ferme intention de divorcer

Si tu pars je me suicide dit-il

Mots poisons et autres horreurs jetées à sa détresse

Cette habitude des larmes et des sanglots sourds

Maison de la laideur

Agression perpétuelle à excuses confondues variables

L’épouse de la paranoïa et des troubles compulsifs

L’alliance de violence a vitriolé dix années de vie

En finir avec la honte de s’être réduite ainsi à un dévouement stérile

Rouleau compresseur de mauvais sentiments et de reproches torves

Une partie de la nuit ainsi jusqu’à ce que le corps parle

Somatisation dernier cri   

Le sang s’écoule entre les jambes tremblantes

Ventre de mère ventre d’amante ventre de suppliciée

Fuir domicile marital se réfugier chez son père en emmenant le chien

Le cauchemar sur le billot

Ne plus fléchir désormais

Affirmer le cut

Sauver sa peau

 

 


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:56
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:50

 

 

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 10:44

ICI

 

C'est le journal d'ici

ICI comment dire? Ici

un lieu 

une place

une petite comète dans l'univers 

aux senteurs délicieuses

de thym romarin lavande parfumée violette 

Je suis là 

j'ai tout laissé de mon ancien passé

même la plus belle planète a des écueils

Je m'échappe dans le vertige 

quand je regarde les cimes je m'y noie 

verticalement en voyage

je hais l'horizontalité

je préfère flirter avec les nuages

ils durent s'attardent et fuient

Je m'emporte avec eux

rien ne vaut de rester ici

sous mon arbre au nom liquide  

MICOCOULIER

quelle étrange aventure que ce qui nous advient

je tourne les cartes 

« choisis-en une »dit-il

et c'est ainsi qu'elle tomba sur REFLEXION

 

Etrange aventure que de réfléchir sur l'ICI

je n'ai pas l'habitude puisque j'ai d'entrée choisi l'ailleurs PRIMO

secondo la réflexion n'est pas mon fort

j'aurais plutôt tendance à aimer divaguer

tertio je ne tiens pas en place

l'ICI est un territoire aux multiples facettes que jévite

de peur de me confronter aux murs de l'inévitable

J'aime EVITER

sourire d'évitement

c'est une stratégie confortable où règne la LIGNE

la ligne de fuite

où je me promène allègrement

 

 

 

 

 

 

Donc ICI serait le lieu de l'étrange aventure humaine

un jour ici un jour là 

un jour vivant un autre jour absent

j'ai dérivé sur la LIGNE et me voilà AILLEURS

que j'essaie de dire en précisant les signes

je peux décliner les choses 

sachant bien que « les choses sont les choses », dit Pessoa

et qu'ainsi quelque certitude de l'exister peut s'installer ICI

la myrte sur la tombe

le thym dans la soupe

la ligne des crêtes bleu sombre à l'aube

les pierres érodées qui s'effritent

le jaune des genêts

l'heure régulière de la cloche

le soleil baisse et la lumière s'affaiblit

la journée va finir

repos de l'ICI

je vais nager sur d'autres lignes noires et blanches

comme la musique noire et blanche

comme d'autres visages nous éloignant de l'étroite demeure 

D'ICI

je voyage dans la pénombre des corps  

dans la vie des autres

je regarde rien d'autre n'accroche que cette terre imaginaire

cette autre vision des CHOSES

les choses tues

les choses dites 

les sussurées murmurées inaudibles

les rêves les ports les aérogares

où tu fuis ils fuient

toutes les vies sont ICI

aucun doute puisque surgissent des croisements

des réseaux

des myriades d'étoiles que sont leurs histoires

leurs lieux leur multitude

qui jamais ne se repose

afin d'EVITER la grande paix de l'allongement certain

 

 

 

 

 

 

Ma petite maison est bien calfeutrée entre les herbes

nous y vivons de peu sous l'ange de l'amour 

Qu'est-ce? L'amour? Le chagrin?

Nous parlons des choses

du pain quotidien

de la rosée fraiche des jours

de la fatigue sur les yeux

du bruit du monde auquel nous tournons le dos

Ma petite maison sent bon derrière les oliviers de la colline

on la voit peu

discrète comme une apparition

une illusion de nous

une cavalcade de nos sens en éveil 

un ICI  presqu'invisible 

dont  je dis « je m'en souviendrai »

et je continue de parler de ces souvenirs qui n'existent pas encore

J'ai beau parler 

je sens que je n'existe pas

je me demande ce qu'est EXISTER

ce mot impressionne

il a de multiples facettes

Etre serait plus circonscrit

mais je n'en suis pas LA

j'ai beau dire

il reste un mystère où ma mère se repose

et moi je recompose

j'erre dans la recomposition

je dis/vague sur la LIGNE

je m'y sens absentée

il y a de quoi rire

isn'it

nous sommes quelques-uns à le penser

mais QUOI

Je reviens de loin 

là où il n'y a pas d'horizon

où je n' EXISTE pas

mes images d'enfance apparaissent

elles nagent dans le mystère du sommeil

je vis ma vie à l'envers

c'est assez confortable

vous devriez essayer

ISN'IT

donc il reste des lieux  et des images

j'ai beau me taire

elles sont là

c'est LA  mon lieu d' EXISTER

le silence y est fécond

je m'absente

où irons-nous ensemble

l'image de l'ouragan apparaît

je me terre

je n'aime que les vagues

t'en souviens-tu

ICI  est plus immobile

empreint de grandes réalités étouffantes 

j'ai beau fumer

il en reste toujours quelque chose

cendres cendres cendres

A  VENIR

je dois maintenant vous aimer

je dois raison garder

tout près de mon sémaphore

à l'aise dans ma guérite

je veille 

nous sommes nombreux

c'est ICI qu'est ICI

Ainsi  veillant je tremble

j'aspire à quelque renouveau

où la ligne deviendrait spirale

je monterais très lentement sur des cimes

inconnues jusque LA

 

 

voilà j'y suis

j'y suis bien

calme du LISSE des vagues

bleu gris tout en haut

Je regarde

je regarde enfin ce qui m'unit

à ce LIEU-LA

 

J'apporte quelques modifications 

le mur d'enceinte sera de chaume

pour éviter que l'on s'y cogne

seuls quelques ouvertures par EN BAS

vers la planète

 

que rien ne dérange le beau silence du ciel

qu'on s'y rende avec précaution et respect

pour changer d'avec le rude désordre d' ICI BAS

on se refait les cils les yeux les paupières 

on avance tel Orphée

l'atmosphère se fait plus rare

mais qu'importe

on est bien  LA

 

Sans bagages et sans armes 

juste un sifflement doux à nos oreilles

CHOUOUHH

chououhh

et qui va diminuant dès qu'on s'éloigne

Qu'est-ce que cette prairie au loin? 

je crois la reconnaître...

est-ce bien TOI ou TOI qui y jouait?

Je dois remonter le courant parfois tourmenté EN DECA

inutile d'avoir peur 

les algues bercent et te laissent flotter

Ophélie doit être ICI

une compagne de l'entre-deux rives

je l'aime avec ses beaux cheveux verts

mirifique forme humaine

 

 

Tous les pays ICI se confondent

c'est pourquoi on ne peut rien en dire

juste ALIGNER  les éléments qui les composent

couleurs et formes s'entremêlent

la langue se heurte

on ajoute des trouvailles

creux bosses vallées trous rocailles cisailles

carmin ocre vert sombre soleil

mes yeux s'écartent pour VOIR

quand même empêtrés dans leurs noms difficiles

 

Je m'accroche au sol fuyant

je déserte la possible reconnaissance

pour aller vers L'AVANT

 

 

Je comprends qu' ICI  n'est pas un lieu

juste l'illusion d'être QUELQUE PART

hier sur un mur de la ville s'affichait 

« I am in nowhere »

auquel il serait judicieux d'ajouter

I am born in nowhere

c'est peut-être LA  qu'il faut chercher

s'incliner vers cette provenance

cet acte d'un quelconque père

ICI  devient alors ce qui est insupportable

mêlé à l'origine et à la fin

peut-être la mort de ma mère engendre-t-il un peu de la mienne

et donc me laisserait sans force à combattre 

dans cette vie où JE ne s' appartiendrait plus tout à fait

j'ai les yeux grands ouverts

et je vois l'ombre qui s'approche

 

 

Que fait-on chaque jour contre les images?

Celles qui viennent nous assiéger sans qu'on crie gare

celles qui parlent dans la nuit

celles qui clignotent et craquent

comme pluie sur la cendre encore chaude.

 

J'aime à n'être pas justifiée 

comme mon texte

j'aime à naître une autre

je vais m'approcher de cette lumière

qui trace une esquisse différente

comme un second pas sans souvenirs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page blanche où vient ce qui vient ce qui n'est pas advenu ce qui bouge encore sans un geste ce qui laisse à deviner à couler dans le neuf à dire ce qui n'est pas encore

 

 

 

 

 

 

ALORS je ne parle pas encore

les yeux ont dû s'ouvrir loin de l'espace liquide

  • souvenir confortable -

peu à peu se désarticulent les branchies

afin de laisser passer l'air

 

Flirte un doux souffle où mon cri s'apparente

je plonge dans l'espace sans comprendre

j'ai dû regarder aussi

oui j'ai dû

 

A maintenant celle sans regard

je tente le LIEU de nous

celui où s'est constitué un pays 

-de mots de rives et de langage -

un pays maternel où lire mon ETRE ICI

 

Ce pays est une voix qui ouvre sur des portes

la maison s'ouvre et se ferme

mais toujours résiste à la disparition

certaines portes sont les miennes

d'autres réservées au frère, à la soeur

ou à tout autre qui ne fut presque personne

 

 

Alors je regarde la maison

alors je joue à apparaître à tous les âges

je joue à être l'être dissous désormais dans la mémoire

ELLE n'est plus

 

 

 

 

 

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 11:08

-

 

 

 Notes : La lettre E, intitulée «Zen... », est composée de 26 cercles qui  contiennent 26 phrases et autant de

         nombre. Les 676 Nombres sont devancés par trois points et suivi par 26  points de suspension. Le dernier

         cercle est dessiné en pointillé et la phrase finale se termine par un point  d’exclamation qui annonce la lettre F.

        -Précisions : Les 676 phrases sont écrites avec les mots « téléphone » et  « pour ».

 

 


 

 

lettre-E.jpg

 

 

 


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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 12:00

 

 

 

 

en un tour de main en un coup

de cuillère à pot en un rien

de temps en un clin

de vie

en un rien

demain

en un coup d’œil en un tour

de vis en un mot

comme en cent

la cuisine toujours commence par perdre

ses repères

en un retournement

en un

tour de rein

en un tout-en-un en deux

temps trois mouvements

la cuisine creuse son inutilité dans

l’utilité déclarée de ses objets

le travail à mains nues déshabille l’indécence des ustensiles

inexorablement la propreté d’une cuillère nous pend la tête en bas

déforme les visages dans l’inox

dans l’étincellement de la monstruosité

dans l’effondrement des plafonds

dans la remontée du sol  

en un instant d’inattention extrême

extrêmement se tend le fil de l’histoire

dans l’orbe de la cuillère tourne l’ensemble de la cuisine

les arrangements du sens

les agencements du rance

dans la petite cuisine politique on touille

on touille tout avec la même cuillère

en faisant croire à chaque fois que ce n’est pas la même cuillère

on laisse entendre que changer la cuillère suffit à rendre mangeable le rata ignoble de l’histoire

et l’histoire s’écrit une cuillère pour papa

une cuillère pour maman

on finit par tout avaler à la

pelle pêle-mêle sans même

s’en rendre compte

ainsi

on a mille fois papa maman pour se gaver

puis on fait son rot

dévotement on rote

on vote pour nos déroutes

on prend l’instinct de l’intestin pour un destin

du stade anal au stade national la gymnastique démocrate fait transpirer le corps électoral

dans la cuisine

qui est une contre-cuisine politique

on passe la démocrasse au gant de crin

on gratte ses démocroûtes 

 

 

 


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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:31

 

 

 

Il disait             non pas encore non

           

                il disait          non        dans ce                    (pas encore)

                                   

             qui lui                        restait                 de possibles il disait

 

                (pas encore)                            non il disait         non il disait

 

le rien qui                               lui restait                                         à dire il disait

 

                      ce rien                                        il y a longtemps

 

                                                                                   longtemps

 

                                                                                   longtemps ce rien

 

     longtemps que je vous l'ai laissé

     longtemps que je vous l'ai offert

     longtemps que je m'en suis débarrassé

     longtemps que je l'ai sacrifié

     longtemps oui longtemps que je n'ai plus rien à y perdre ce rien

 

                                                                            je vous l'offre il disait

 

                         je vous l'enrobe dans ma langue vide ce rien           il

 

    disait                           ce rien disait

 

                      tout ce qu'il avait dit depuis               ce rien depuis

 

 

             la table

             la chaise

             l'attente

             la pièce

             la révolte

             le corps empli de barricades

                                      de caillasses et de cris

                                                                de cris

                                                                de cris

                                                                de cris

 

 

il disait                          ce rien je vous l'offre

 

                     avec mon premier             et dernier souffle          je vous l'écris  il disait

 

   ce rien est pour vous                      pour

  

 

                              cette époque et cette langue pour

                              cette terre et ce vide pour

                              cette part d'oubli et d'abandon pour

                              cette peau et cette plaie il disait

                              ce rien est pour vous qui n'avez

 

            plus rien à perdre il disait

 

 

       ce rien               est tout entier                          pour vous à crever

 

              pour la faiblesse              des mots et de la voix

 

   les miens il disait les miens                        je vous les offre avec      

 

                                   ma faiblesse avec              

 

              mon rien                  tout entier à la table           du désastre

 

il disait non              pas encore il disait                        oui

 

                 tout reste encore                        à finir

 

                  dans cet inachevé qui nous sert                    de cuisine de l'enfer

 

                                                                             au quotidien

 

 

 

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 12:19

 

 

 

 

s’arrêter tu disais s’arrêter lorsque ta voix
ne s’arrêtait pas s’arrêter tu disais non pas
encore un matin il fallait poursuivre tu
disais poursuivre oui encore et toujours mal-
gré les temps ressassés la table et l’attente
quatre murs s’arrêter non tu disais non lorsque
le désastre globalisé permettait une voix tu disais
mourir oui mourir non pas encore pas
encore s’arrêter dans les jours pas encore

 

 

 

***

 

 

je te voyais attendre en déséquilibre le
basculement de tout l’univers quatre murs
arrêtée atterrée je te voyais chercher le centre
de gravité de ta vie sans aucun centre ni
contours assise sur ta chaise fixe et immuable
comme tu espérais un mouvement oui un geste
oui qui serait venu de nulle part ou de chaque
frémissement de la fenêtre s’étirant comme

 

 

***

 

 

je te voyais chaque matin dévorer sans dents le
corps du mot & de la langue & du quotidien je
te voyais chaque matin identique assise entre les
quatre murs de ta vie à mastiquer ruminer ton
déploiement dans l’espace & le siècle sans dents
broyer (ou tenter de) la langue étouffante je te
voyais attendre assise à ta table quatre murs
assise dans ta cuisine quatre murs assise dans une
posture laissant présager le désespoir qui vient je te
voyais assise attendre un changement la possibilité
de vivre encore je te voyais assise à en crever

 

 

***

 

 

je te voyais assise à la table des souvenirs
le regard noyé dans ce rien qui
peu à peu te bouffait toi et ton corps
famélique au fond de ces jours lents et ressassés je
te voyais assise à la table vide de ta
vie (quatre pieds formica) attendre que
ta bouche passe dans l’instant embourbé
encore et encore ton désastre personnel aux
basques du désastre global ta perspective obstruée
je te voyais assise entre quatre murs attendre
une fenêtre dans ton enclave de bétons

 

 

***

 

 

nous n’étions que des cloisons bien qu’il aurait
fallu exister quelque part dans les coins
tu inventais mes yeux je te voyais assise muette j’
inventais ta langue seuls nous crevions à
deux assis à la table du désastre généralisé du
désastre extériorisé/mondialisé/individualisé notre
immense famine je te voyais assise tes poches et
ton cœur vides ta table bancale un monde
qui tournait sans toi j’étais les quatres murs de
ta bouche j’étais ton silence la fenêtre qui
chaque matin ne donnait sur aucune rue la
fenêtre qui chaque matin réduisait ta perspective

 

 

 

***

 

 

tu t’es arrêtée un jour entre quatre murs tu
t’es arrêtée un jour comme tu t’es atterrée
dans un espace divis à ta table perdue et vide
cloisons hermétiques tu t’es arrêtée un jour sans
doute encore un matin dans ta parole vivisection
sans doute encore un matin il t’a fallu trouver une
respiration la tienne dans l’espace concédé
incomplet il t’a fallu respirer encore entre quatre
murs un matin respirer et vivre et poursuivre la
division des jours un matin atterrée il t’a fallu
vivre encore et continuer et exister et respirer
atterrée quatre murs ta vivisection quotidienne
un matin peut-être encore il t’a fallu sans doute
un matin peut-être encore sans doute il t’a fallu

 

 


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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:00

 

 

 

 

lisant cuisine tu ne sais

si je dis un lieu ou un faire

ou l’un part l’autre une destitution

puisque je peux faire une cuisine avec simplement le déplacement de l’air

que suscite chaque début de geste

et je peux aussi perdre le métier

en détournant de leur utilité les objets du lieux

lisant cuisine tu peux

à l’image d’un ensemble inconnu et ouvert de gestes et d’objets

substituer celle d’un souvenir

d’une machine élaborée dans la nuit des mémoires

l’enfance est lourde elle cherche toujours

où déposer son sac

mais elle ne peut trouver le lieu où le faire

sans tromper sa propre impatience

sans augmenter le poids du sac de celui de la déception qui t’oblige

à le remettre sur ton dos

lisant cuisine tu sais alors

que tu n’y arrives pas

que tu ne fais que chercher cette cuisine à tâtons risquant

de te blesser aux lames

au coupant

au saillant

qui sont seuls pourtant à prouver la cuisine

et t’en repoussent à l’instant même du contact

il faudrait lisant cuisine que tu puisses

en hisser l’idée jusqu’à la présence indéniable des gestes tenus par les mots

blanchir faire

revenir barder

écaler

clarifier

et dans les verbes une seule

liberté ouverte aux erreurs de lecture

aux scrupules aussi de l’entendement

jusqu’à faire de chaque geste la critique des mots cherchant à le préméditer

déglacer

réduire

rissoler sans plus attendre puisque le temps

est passé

et nul ne peut retenir

ce qui le dévore ni alléger

le sac plein de ce qu’il laisse

après son passage

 

lisant cuisine tu sais

qu’on ne trempe pas deux fois la même madeleine

dans le même tilleul

 

 

 


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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:45

 

 

 

http://soundcloud.com/elfuegofatuo/le-le-le

 

 

 

Avec Clara de Asis pour la composition musicale et Laura Vazquez pour la voix et le texte.

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Présentation

  • : Tapages
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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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