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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 12:20

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:19

L’homme a touché surtout dans son malheur L’homme surtout a tant touché Il s’est touché lui-même non Mais l’homme a touché rien surtout l’homme a touché rien Il a tout touché non Mais l’homme a voulu toucher surtout L’homme a eu le désir surtout  de toucher non si fort L’homme s’est déchiré non L’homme a surtout voulu toucher Il a tant voulu toucher surtout Il voulait toucher L’homme rien voudrait pouvoir toucher Il voudrait bien rien pouvoir toucher Il aurait bien voulu rien pouvoir toucher Il aurait voulu pouvoir rien Il aurait aimé pouvoir surtout l’homme qui a touché Mais l’homme n’a pas surtout touché mais l’homme n’a rien touché  surtout

Ses mains n’ont pas rien effleuré Ses mains n’ont pas rien embrassé Ses mains n’ont pas surtout tâté surtout tâtonner surtout ses mains se sont endormies rien tout de suite Tout de suite l’homme non Mais l’homme a voulu non L’homme a voulu rien toucher Il voulait toucher rien Il a presque touché Presque il a presque touché surtout Mais oui l’homme a presque touché Il était sur le point de surtout toucher Il était tout à fait non sur le point de toucher L’homme était si près non du toucher Mais rien l’homme est un homme Mais rien l’homme est un homme L’homme et aussi l’espoir surtout de tout comprendre non et de tout aimer L’homme a voulu toucher non Il a senti le toucher il a bien surtout senti la force de pouvoir toucher Il a surtout bien senti Il a bien cru sentir surtout Il a bien cru pouvoir l’homme et l’homme rien a bien cru toucher et l’homme rien a touché oui l’homme a rien touché rien mais il n’a rien touché l’homme rien n’a rien touché il ne s’est pas touché lui-même surtout non il ne s’est pas aimé rien surtout mais l’homme n’a pas pu toucher surtout il n’a pas pu il n’a pas su toucher surtout l’homme n’a jamais eu la possibilité de toucher quoi que ce soit l’homme non rien n’a évidemment rien toucher non Oui bien sûr non l’homme n’a pas touché non Certainement aucun homme n’a pu l’homme surtout n’a même pas touché le vide non rien il n’a rien touché surtout non l’homme non n’a pas touché il n’a rien touché rien Mais l’homme a voulu surtout il a voulu et l’homme est voulu surtout il est voulu car il voudrait non et c’est bien qu’il est voulu dans son grand désir rien et l’homme ne touche à rien il reste ici silencieux surtout et surtout  mélancolique surtout non  dans un appartement de la ville surtout  l’homme ne touche à rien non son corps n’a jamais touché non ses vêtements son corps ne touche pas l’eau non plus qui le lave il ne touche pas ses propres excrétions non plus l’homme ne peut pas se toucher surtout il ne touche pas les autres hommes ou son café au lait non plus ou le journal surtout les autres hommes ne se touchent pas rien n’a touché personne et personne n’est touché par personne car personne n’est touché par rien et l’homme est comme un gros bloc de pierre gris surtout si présent qu’il ne se touche pas lui-même rien il ne touche ni le sol ni le ciel rien ni le ciel rien ni lui-même

 

Dans l’expérience de l’amour dans l’expérience des corps dans l’expérience de la création dans l’expérience de la guerre dans l’expérience de la passion dans l’expérience du sang dans l’expérience de la domination dans l’expérience de la construction dans l’expérience de l’espérance dans l’expérience de l’aspiration dans l’expérience de la certitude dans l’expérience de l’autre dans l’expérience de chaque rivière dans l’expérience de toute montagne dans l’expérience de l’oreille ou de la langue l’expérience d’une parole dans l’expérience de l’effort

 

L’homme n’a jamais rien touché

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:51

mars t’achèvera comme il t’a commencé sans doute. mars t’achèvera à la racine le matin poursuivra coquille vide mars, sans doute, dans le titube, tombe, titube ne relève pas. la certitude d’être mucus du vivre d’être. poursuivra. ce matin nous recrachera camarade. ce matin nous expulsera vers l’effort recommencé à l’escalade de l’inutile, de l’abandon, du toujours. du toujours. du toujours. ce matin nous verra. nous crèvera avec nos certitudes.


les années ont filtré dans ton sang mais.


ne prends pas la forme de ce. ne prends pas la forme de qui. ne prends pas la forme de ta déformation de ce qui. dans le sillon du désastre encore ce qui : à la percée de l’air, à la gangue de la langue, au dedans des dents, du de dans ta bouche rien ne sort ce qui. dans il faudra bien, camarade, dans sortir, pour finalement dans rentrer (usine, champ, atelier, terre, erre, home sweet home). il faudra bien camarade, un jour, en dehors du temps : t’asseoir et attendre que. ça recommence.


ce matin nous baisera avec la grêle.


un jour. recommencé dans : tes pâtisseries de sang tes pâtisseries, la caillasse qui jusque dans ta tête (irrigue), et le mouroir des pinsons à l’escalade du jour tu. ne cesses ne cesseras : chaque année, chaque instant, chaque effort tu.


camarade, ce vide : tu façonnes (te désosse : ce vide dans). au jamais sans lumière, désosse, ta désolation, ce peu d’heures, de tendons, parcours. ta désolation de : corps, pelle, pioche, hache. ta sueur irrigue, calcifie l’avril attente. stagne ton sang.


pas plus loin que ta cage, rageuse thoracique exténuation du. geste + sueur + geste + souffle + sueur + attente rageuse, exténuée, rageuse lointaine jusqu’au sang. jusqu’au sens de ce qui. exténue, la gorge. ténue. tenue. aux vents contraires (de) ta voix : dans le silence qui. jusqu’au sang, songe camarade au renflement de. à la blessure de. ta résignation exténuée ta. songe.


encore + encore + encore + vis + creuse + réveille + arrache + trace + fatigue + essaie + abandonne + reprends + arase + sillonne + coule + accélère + brise + plante + encore + encore + encore + encore +


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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 00:00

 

 

 

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:23

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:34

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:52

ne scelle pas l’os au couchant de nos morts, le geste qui fend l’air comme le crâne.


et la hache sur l’arbre (si) ronge et, la hache et la scie tronçonne dans chair, dans os branche (brisés) absorbe ta force (si), ta ronge ta fatigue systématisée camarade la chaîne coupe ronge absorbe systématisée, creuse. s’enfonce au plus profond du jamais, l’écorce, la nuit, l’attente, à la terre au plus profond sous la hache du vivre à la terre, encore vivre au plus profond courbatu, palpite reins brisés au plus profond courbatu jour vivre qui s’achève pour. pour. pour. le creux de ton regard : fatigue. pour. pour.


il n’y a pas d’heures, il n’y a pas d’heures au vivre tuméfié pour la sclérose qui gagne pas d’heures à crever (os, écorce, sève). il n’y a pas d’heures au jamais recommencé (humus de) il n’y a l’asphyxie rien, vert-de-grisée rien sous ton pas l’asphyxie, ton os, ton parcours rouillés le le le pas le le corps le. geste absorbe ta carcasse par l’étouffement absorbe de la carcasse le le corps camarade. il n’y a rien au semblant semble ton corps semble : la fatigue des instants à venir rouilles des in-stants. ta langue boite (gratte) entre tes dents tu ne tu ne. tu ne.


tu travailles (au grand jour, au grand jouir, à la nuit de jamais la gorge offerte jamais). tu travailles pour ne plus avoir à travailler tu, travailles tu vis pour ne plus avoir à : vivre. pour plus rien tu vis vois le glissement pour plus rien attendu vivre voir, entre ne plus attendre glisser semelle à la pierre de : tu te tues à vivre arc-bouté sur un désert plus rien sur, plus rien camarade ton vide ton sable ta caillasse extrêmisés affrontent l’affaissement, palabrent ton vide ta vie palabrent : l’affaissement chaque jour est une épaule qui tombe son matin (encore) maintient.


pour ne plus travailler tu travailles pour, ne plus vivre tu vis pour.


camarade crasse ta semelle qui au dessin parcourt ton ombre crasse (l’ombre de) camarade, ta semelle au vent de douleurs, ne cesse le trajet au vent ta fatigue extrêmisée jour finissant + attente + intériorise + frémissant : le geste, le refus, la colère crève sourde la colère sourd par tous les crève les chemins (ta peau) que tu évites où crève oui, ta déchirure au jamais camarade jamais ta viande, n’intériorise le refus de. serrer l’outil dans ta main ta viande comme tu attends la nuit muqueuse (libère et libère et) à (en) crever.


au marche globalisé chaque matin vers (sang, sueur, articulations qui) : vis au vivant qui dans le refus vient, vit, toujours accepte. toujours, camarade crasse ta langue longue qui au dessin creuse le chemin de nulle part.

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:12

d’un jour à l’autre pourtant Page 1

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 06:32

 

 

 

 

Tu ne peux pas y toucher, tu passes juste, tu passes par effraction timide, l’assemblage figé mélancolique du miroir se brise en mille morceaux, du voile déchiré, du ciel qui s’évase.

Tu accèdes à l’autre côté ; la roche à perte de vue, la roche rouge et brune des cratères disséminés sur tout le périmètre de l’île. La terre râpeuse qui dessine graduellement le chemin à travers les buttes, les rochers, au gré du vent. La brise est vive par moments, tout droit évadée du levant. Suivant les signaux semés sur la sente, à l’aveugle, tu parcours l’air de rien la distance qui te sépare du monde organique, du matériau brut issu de la terre même. Le sol épais te maintient fermement accroché aux origines du paysage, te soutient, et c’est ainsi que tu accèdes progressivement à l’ouverture immédiate, sans détour, de l’horizon aux quatre vents.

Embarqué par la pureté de l’air, par l’apparence laiteuse, lestée même de l’atmosphère, tu évolues toujours sur le terrain propice, celui qui te contraint, qui, te gardant relié à la matière, te propulse innocemment dans l’ampleur autrefois inquiétante de l’espace ; te retient en quelque sorte et ainsi, finalement, guide ton envol.

 

Aujourd’hui cet univers, incarné au paysage volcanique de l’île, emportera jusqu’aux étoiles ton souffle qui s’apaise et s’amplifie. Le vent chaud, le sable, la friabilité accidentée du sol de lave brune, la lumière ici, la lumière qui contient enfin les sensations diverses initiées par le chemin, le feu, le vert tendre des buissons d’olives, l’air doux qui balaie par intermittences l’amas de brumes indécises qui voilait l’horizon, l’évidence t’ouvrent la voie.


 

 

 

 

 


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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:57

 

 

Petit retour sur la lecture qui a eu lieu le samedi 10 mars à Metz, où l'on a pu écouter – entre autres – quelques textes de Patrice Maltaverne. Deux d'entre eux sont reproduits ici.

 

 


 

 

CLOUANGE

 

 

A toi Seigneur Jésus. On n’a plus le droit de t’adresser aujourd’hui de telles dédicaces car nous sommes devenus des hommes libres qui n’ont guère besoin de maîtres à panser nos plaies. Si quelque chose nous embête on le dit. Si ça se complique on paye des avocats. Si on n’a pas de sous on la ferme. D’ailleurs nous bénéficions de moult cellules de suivi psychologique. Alors parfois quelques individus mordent la ligne blanche. Ces marginaux d’occasion ont la trouille de leurs stigmates. Par chance un crucifié sur la plaine ça en jette toujours plus au journal télévisé. Depuis que les pelleteuses ont dégagé les sous-bois il y a un trou rempli de boue à ras bord. Après deux trois printemps un joli tapis d’herbes permettra à la compagnie de mener à bien son projet théâtral sur la colline. En attendant l’ange est cloué sur la porte en chêne. Et ce n’est pas pour célébrer une naissance…

 

 

 

 

 


 

 

 


HERSERANGE

 

 

Dernière nouvelle d’Orange : un berceau vient d’être retrouvé déchiqueté par les herses du château de H non loin d’un livre de prières refermées. Il n’y avait rien ni personne à l’intérieur. Sans doute l’eau et son bébé ont-ils été aspirés par les douves depuis longtemps. L’image violente n’a rien d’une poubelle elle tiendra deux trois jours.

 

 


 

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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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