Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:54

 

 

 

Tapages a le plaisir d'accueillir Nicole "Coline" Delvallée, que vous avez probablement déjà eu la chance de croiser ça et là sur le net.


 

 

Circulez
Sens
Mue
Cirque
Simple
Aussi 
Simples
Sur pairs 
Posée
Repère
Pose
Musique
Simple
Oser
On sait plus où on nait
On sait plus où on met 
Sens
Mais
Oser
Ça tout
Ça met
Les tristes
N'aiment
Ça mène

Ça haine
Mou !
Lalala
Et toi

L'étoile
Ah
Ça même
Ça mène

Sens
Sans sens
Mais oser

 

 

 

Nicole "Coline" Delvallée

 

http://la-cle-a-mots-lettres.over-blog.com/

 

 

 


Repost 0
4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:50

Lecture de Jean-David Lemarié

 

 


Poses un je
Pose un on
Pose un posons
Pose un tu je
Ne sait pas
Qui de nous
Es-tu je ?

Dis moi moi toi
avec la bouche oui
mais laquelle ?! La
du mur comme un bloc
La qui vit ça doit bien
Dire un peu la qui vit
Non ? Le mur
N’a pas de bouche on
N’a pas de bouche on
Est pas quoi il n’est pas on ?!
Il n’est pas le mur ? Il n’est pas
Non il n’est pas et la mer
On entend la mer n’a pas de bouche
On l’entend ! Oui ça parle en sourdine on
Entend la mer c’est vrai je
n’a pas de bouche ? Mais ça n’a pas de langue
on n’a pas de langue et je ne sait pas ça
parle on entend mais ça n’a pas de langue
alors qui dira es- tu je qui dira soyons ! est pas mais je
fait plus de bruit que la mer et le mur     qui ?!

 

 

 

Jean-David Lemarié

Repost 0
31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:17

Lecture de Jean-David Lemarié

 

 

 

je parole avec des mots je parole ma vie dans des mots qui sont les miens quand je parole le mot voudrait et moi je suis à l’intérieur à l’intérieur des mots et de la malangue et je veux au commencement d’un bout à l’autre du mot d’ordre comme une existence légère du corps et du corps à corps dans l’acceptation d’être hors de ma carcasse car le je c’est du tu condensé dans la malangue qui ne demande qu’à sortir par la parole pour proposer sa propre parole le tu ne demande qu’à sortir pour proproser son existence au dehors de la langue vers la malangue pendant que le je sors et j’expire et le je crache ma trachée sur le quotidien comme une bouillie de nerfs



***



Je parle l’amour sans voix et sans corps la vie lointaine je 

perds le chemin alors qu’ici le sens se prend dans les 

mailles de la chair l’existence comme une l’âme de fond je 

sonde le son qui m’envahit de son langage de gestes parle du je 

au tu et je m’envahis : le corps naît dans le cri du corps 

et tout le reste



***



Comme si les minutes te tordaient le cou à chaque syllabe : si

la vie n’est pas une série de sons s’acheminant vers rien si

le silence n’est que le simulacre du corps vidé de sa substance

passe encore la parole passe encore le mot au creux de la gorge

passe encore l’existence sous le porte-voix de rien

le poème jusque dans les reins



***



La langue au pilon le corps au pilori du je tords-moi

et la vie et ma gorge et ma colonne vertébrale dans le

cri de foutre et je m’existe dans le désir sonorité de

ma bouche : le souffle c’est de la mâle-langue désirante

et déployée vers tu et rien



***



La malangue vit jusqu’à l’orée de la bouche la malangue est une pierre laissée en travers de l’être la malangue est une pierre de sang de sperme et de fécalité et de quelque chose la malangue progresse avec ma mort de quelque chose en travers de moi comme si le silence était du non-moi concentré dans quelque chose et même irradié de moi la malangue c’est du quelque chose

la malangue me crie à chacun de mes gestes la malangue c’est du je m’écris et du je m’écrie jusqu’au moindre et dans la moindre vibration de l’existence la malangue c’est du je quelque chose m’existe chaque matin dans mon silence la malangue me tue quelque chose chaque matin dans ma gorge
la malangue est un râle de tout le corps la malangue c’est moi qui me bégaie jusqu’à en crever la malangue me vit et m’existe quelque part dans mon silence

 

 

Yannick Torlini

 

 

 


Repost 0
29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 23:41

Une contribution amicale de Yannick Glaas à retrouver ici

 

 

 

Septembre de mai

 


On ne fait un bon-vivant que chenille, lochée à une feuille de muguet
peu avant : on décime, les autres fleurs, aux vents, tristes
sans attaches
tant qu'à faire qui ne vaille
la peine, à temps :
marrons-nous, jaunissons-nous, pourprons-nous quand je mange :
les dernières paupières d'un bien trop joli automne.


On, a des tremblements, retenus par des fils ténus
auparavant ! le vent a, accompagné de sa décimale recuite
qu'on partage, dit :
rien ne s'aime autant qu'on !
vive ! en faire calme ripaille !


Mais enfin de septembre.


on aura cloué les bons crocs sur la surface cuivrée d'un jonc
un paravent pour brise qui feule, un minimal
celui qui nous départage, un cocon
bistres pitres pour
ce temps-canaille, affreux et joyeux.


naitre à l'automne


Un buffle s'étame avec;
nous toise !
sa boue et
de grands yeux mous mais cornes à ravages
relève chaque épi que le vent couche
à la rizière.


naitre à l'automne sans muguet
crever chrysalides, amusées

 

 

Repost 0
25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 18:34

numérisation0010

Repost 0
24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:34

 

 

 

 

Vous pouvez retrouver quelques extraits de Polaroïds ici :


 

http://www.aloys.me/article-yannick-tortini-extraits-de-son-recueil-polaroids-56595194.html

 

 

 

Bonne lecture !

 

 

 

 


Repost 0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 00:12

 

 

 

 

On s’enferme dans des carcasses
De chair on se cloisonne loin
De tout ça
Depuis la porosité des murs
Depuis la conque des jours lents
(Une parodie de soi)
La langue progresse – essaie – 
La langue se déchire sur le seuil

 

La langue vient

 

 

Une transparence de la lampe s’offre
À la crispation de la main
Pâle la nuit étouffe

 

Elle entre
Elle emplit la vue
Elle emplit la chair
Elle dans les simagrées du vent
Elle reconnue

 

 

Jusque là il n’y a rien
Jusque là une présence effleure
Jusque là son corps
Elle
Sans souffle
L’univers crisse à la porte
Un pan du corps plonge

 

 

On s’expose
Le ton est donné
La parole devient condensation
L’air n’y est plus
Le ton n’y est plus
La voix casse
Un fil recoud nos existences
Voudrait

 

 

Un instant elle s’efface

 

 

Le liant s’effrite un peu


La pièce se froisse
La vie écarte
(Passable la vie)
Les gestes semblent soudain désaccordés
Une drôle de pluie frappe l’œil


Ça tarit
Enfin non


La parole n’y est toujours pas

 

 

Les mouvements passés se bousculent
La tête reflue
Ce fut quelques années auparavant
Quelques années s’étaient échafaudées
Pas de coordination dans tout ça


Quelques années


Elles emplissaient la pièce
Elles se dispersaient de toute la largeur
Du monde elles se dispersaient
Aux quatre coins vides


Manquait encore le mécanisme de la gorge

 

 

De nouveau ses gestes identiques à tant
Le pas ne semble pas réduire l’écart
Il ne semble pas être


Le pas


Un peu d’air s’alourdit malgré tout
Dans les poumons ça habite
Le mot afflue depuis le regard
Un muscle se crispe
Quelques gouttes de sang circulent lourdes :
L’air s’expire

 

 

La pièce est toujours là

 

 

Il suffirait de remonter le flot
Des pensées pour voir


Une lourdeur profonde s’installe
Dans le bras
Le corps pèse
Ça disloque
L’être éclate en-dedans des côtes


La chambre est toujours là
Le bureau est toujours là
En désordre
Le lit est toujours là
Les étagères craquent sous tant de


Un peu de lumière voudrait encore

 

 

Le regard devient passable
Le regard devient entier
Une tempête semble battre la prunelle
Un instant le corps s’affaisse
Sous le souvenir inerte du geste


Un ressac de lumière emporte les ombres

 

 

Un instant son corps s’efface
Un instant sa présence s’offre
La nuit s’écrase à la fenêtre


La gorge libère le souffle

 

 

Ça voudrait encore un peu
Sa voix s’effrite sur les murs
Nos sens se confondent


L’écho naît du peu d’air


La pièce s’irrigue
Le reste vit

 

 

Sans doute
Ça palpite
Le regard vert-de-gris
Sans doute


L’écart dissout le vide
L’écart se dissout


La parole s’alourdit dans la chair même
Nos corps deviennent échos
Quelque part dans la pièce vide

 

 

 


Yannick Torlini

 

 

Repost 0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 20:31

 

 

 

 


 
 
 
 
 
 
Repost 0
18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 22:02

 

 

 

 

Si on a tous la même situation la même place le même corps peut-être pas les mêmes particularités mais le même fonctionnement général si on a tous ce même et unique rythme global dans notre façon d’habiter de meubler ce monde ou de s’y creuser un trou si on baigne tous dans cette même infâme vasque remplie de merde si on est tous pareils à déborder avec la même existence moyenne on peut se dire oui on peut peut-être se dire qu’après tout nos désespoirs se nivellent que la vie même la plus infâme n’est pas si terrible que ça que si l’absurdité est la règle alors plus rien n’est vraiment absurde

 

 

On a peut-être le droit de se dire que tout est tellement dégueulasse que ça en devient bon ou du moins acceptable que le goût devient moins prononcé plus fade et que tout passe alors un peu mieux comme une bouillie tiède ou pas tout à fait avariée

 

 

Après tout nous sommes bien des gens convenables l’absurdité on en a fait notre pain quotidien sans broncher sans crier ça fait si vulgaire de crier à l’absurde non quand on crie c’est après les petites choses c’est après toutes ces broutilles qui nous flinguent nos absurdités paisibles

 

 

On est polis on prend ce que l’on nous donne

 

 

T’as dit merci au monsieur

 

 

Alors si tout est nivellé si tout est pareil je me dis que tout est uniforme je me dis que la vie n’est qu’un uniforme qu’on porte tous un uniforme différent mais qu’au fond c’est la même chose qu’on est au garde-à-vous dès le matin qu’on doit être au rapport qu’on doit rendre des comptes à tout le monde parents maris femmes voisins collègues patrons gouvernements dieux et même à soi-même oui surtout à soi-même

 

 

Il faut rendre des comptes à soi-même

 

 

On n’est plus tranquilles nulle part même à l’intérieur de soi lorsque l’on a fermé les volets dressé les barricades lorsque l’on s’est bien enfoui dans un épais silence un épais silence qui se rapprocherait d’un grand merde que l’on lancerait à la volée un grand merde qui s’adresserait à tout ce qui nous colle aux basques depuis la naissance et qui s’accroche qui s’accroche jusqu’à la mort la nôtre

 

 

Il faut toujours faire avec

 

 

Avec les sangsues

 

 

Et savoir dire merde à la vie mais

 

 

L’existence c’est de la location pas chère l’existence c’est l’existence des bernards l’hermite l’existence c’est occuper le moins de place possible c’est occuper un trou qu’on appelle corps l’existence c’est meubler son corps comme sa baraque et se faire tout petit en attendant qu’une vague passe sur tout ça

 

 

Je voudrais sortir mais j’ai perdu les clés

 

 

 

 

 

Tristan Solman

 

 


 

Repost 0
17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 11:58

 

 

 

Ça voulait ramper noir, jusque dans le creux de la gorge qui se déployait, lente, à vif, sur un cadastre de nerfs.

Fourmillements des chairs, la fenêtre éclatait sa nuit sur le mur. Terne : on n’y voyait plus. On voulait, mais peu. Plus beaucoup, pas vraiment. Ni quoi. Ça devint tremblant : très. Un instant, il fut facile de croire à ces bris de ton intériorité, comme une présence fragmentée qui emplirait la chambre. Leur fausse clarté. Âpres combien, de la javel dans les tripes, la mort dans les draps, la vie flasque. Même.

Ça aurait aimé luire. Quand.

On balançait le reste avec lassitude. Sans vraiment vouloir quoi que ce soit, mais avec l’automatisme du geste que l’on n’a pas répété depuis longtemps. Sans y être, mais même : le corps occupait encore un coin d’espace, quelque part, minime ; ta respiration essaimait peu. Ce fut un miroir famélique, pris de déchirures, aveugle.

On ramassait nos vies pour quitter la scène.

L’œil brisé, la lumière molle, rien. Dans un silence qui ne recréait rien. Ça disséminait, dans l’absolu absout. Le reste prit la nuance pisseuse d’un fond de bière tiède, la tête infusée d’angoisses, le geste laissé à l’écart, en archipels, autre : je tu il. Mais.

 

 

 

 

Yannick Torlini

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Tapages
  • Tapages
  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
  • Contact

Rechercher

Archives

Catégories