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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 19:27
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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 16:03

 

 

La revue Le Rince Doigts publie, dans son numéro de novembre-décembre 2010, un texte de Yannick Torlini. N'hésitez pas à vous procurer un exemplaire de cette revue, c'est gratuit et à seulement 1,50 € (il paraîtrait même que Charles Pennequin publie quelque chose dans ce même numéro...)

 

Même pas le prix d'une bière...

 

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Pour vous procurer la revue :


  • écrivez à lerincedoigts@gmail.com 

     
  •  ou bien passez par facebook (groupe "le rince doigts")


  • ou bien allez sur le blog de la revue http://lerincedoigts.blogspot.com/


  • ou bien allez vous faire foutre

 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:16

 

 


Pendre

 

 

 

je pourrais être une partition. mon corps pourrait être une portée. mon corps. mon corps pourrait être porté. je pourrais. je pourrais porter mon corps. je pourrais le soulever. à bout de bras. le soulever. avec les mains. je pourrais. mon corps. en jouer. en sortir un son. à bout de bras. les mains sur les hanches. je pourrais. sortir du trou. sortir un mot. une fois. sortir un mot. deux fois. faire une phrase. ou faire semblant. je pourrais baratter ma langue. émulsionner le corps. je pourrais. mousser les tripes. battre les yeux en neige. je pourrais faire une cuisine. une cuisine du corps. ou une partition. une grosse part. une recette. c’est pareil. on sait plus quoi en foutre. du corps. il est là. le corps. il pendouille. comme une langue. la langue c’est le corps. la langue c’est encore. c’est la tienne. c’est la sienne. pas la mienne. c’est pas ma langue. ni mon corps. j’en veux pas. j’en veux pas. je ne suis pas. je ne m’appartiens pas. je ne dis pas. ma langue. ou la vôtre. mon corps. ou le vôtre. c’est pareil. alors je pends. alors je me pends. et je meurs. de partout. de partout je pends. de la langue aussi. je pends. je dépasse. je dépasse de moi-même. de partout aussi. je déborde. je déborde du monde. ça déborde. le monde me déborde. le monde est débordé. pas le temps. le monde pend à son bordel. le monde est là. la vie se retrousse. la vie est un gant. La vie se retrousse. comme un gant. la vie est un gant. un gant retroussé. qui pend au monde. et son bordel.  

 

 


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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:01

Jean-David Lemarié publie Palimpsestes, un ensemble de poèmes extraits de son prochain recueil, dans le dix-neuvième numéro de la revue angevine N4728

Venez découvrir ce recueil en avant première et participer au maintien d'une revue de poésie contemporaine par la même occasion

 

ici vous pouvez découvrir l'appel à soutien de la revue et comment vous la procurer

 

Merci à vousRevue N

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:22

 

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:42

 

 

 

Bande de cons

 

 

Vous y croyez encore à la poésie vous y croyez encore à tous ces mensonges qu’on vous sert sur beau papier relié couverture simili-cuir vous y croyez encore à tout ça on dirait même que ça vous plaît tout ça on dirait même que vous vivez dans tout ça que vous crevez en ayant vécu de tout ça que vous crevez gorgés de beaux mots comme des lamproies de l’existence que vous vivez juste pour pouvoir crever gorgés de tout ça juste pour pouvoir rendre tout ça à la vermine une fois que tout est fini juste pour pouvoir rendre tout ça à la vermine aux vers après utilisation

 

 

La vie l’existence ne sont pas faites de mots d’images de métaphores mais de procédés chimiques de glandes de sécrétions de fluides la vie est plus sale qu’un sonnet la vie est plus sale qu’une rime c’est ce qui en fait toute sa terrible force et sa fascinante étrangeté

 

 

Exister c’est marcher sur des tessons de bouteilles pieds nus et recommencer chaque jour parce qu’on y a prit goût

 

 

Rien à voir avec les beaux mots

 

 

La poésie n’est plus rien puisqu’on en a fait tout la poésie n’est plus possible non la poésie c’est une des choses les plus dégueulasses que l’on nous inflige la poésie c’est pas possible la poésie c’est pas mangeable c’est pas digeste la poésie c’est le beau mensonge du monde la poésie c’est la sacralisation d’un langage inacceptable puisque le monde est langage et puisque le monde a quelque chose de pourri dans ses fondements oui le monde a quelque chose de pourri le monde est inacceptable

 

 

La poésie c’est plus possible

 

 

La rime et le vers la rime et le vers sont les deux vermines qui nous percent le regard qui nous crèvent les yeux pour nous bouffer la cervelle jusqu’à l’os la rime et le vers sont les deux lames qui chaque jour nous châtrent pour nous donner en pâture à la Beauté

 

 

La poésie est fasciste le langage est fasciste l’existence est fasciste

 

 

La poésie pue

 

 

On en dégouline comme des méduses flottant sur un large qui ne vient plus on en dégouline comme des méduses crevées sur des récifs de silence la poésie n’est plus que silence la poésie ne veut plus rien dire

 

 

Mais vous n’y comprenez rien mais vous préférez rester dans le confort des mots mais vous préférez vous gagariser d’art de beauté de profondeur de respectabilité vous préférez vous gargariser de culture de manières de formes d’images fausses vous préférez vous gargariser de toute cette pauvreté de l’âme jusqu’à en mourir creux commes des souches

 

 

La poésie c’est pour les riches

 

 

 

Tristan Solman

 

 


 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 12:24

 

 

Yannick Torlini répond aux questions de Christine Brunet, des éditions Chloé des Lys. C'est ici : 

 

http://recreaction.over-blog.org/article-yannick-torlini-59005677.html

 

 

Bonne lecture !

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 14:07

 

 

 

 

pennequin pas de tombeau

Chez Tapages, on est toujours à la bourre, c’est notre marque de fabrique, c’est notre Port Salut : si vous nous cherchez, on sera là hier. C’est donc en retard que l’on a lu le dernier livre de Charles Pennequin (le dernier de l’époque, depuis il y a eu Comprendre la vie…) : Pas de tombeau pour Mesrine, qui nous a été offert par l’auteur lui-même. Parce qu’en plus d’être en retard, on est pauvres… Ben oui, la poésie c’est pas ça qui met du manger dans votre assiette… Mais arrêtons nos chialeries et venons-en au livre même.

 

N’ayons pas peur des mots, Pas de tombeau pour Mesrine est une véritable bouffée d’oxygène, chargée d’un militantisme politique, et surtout poétique, hors du commun. On retrouve le style Pennequin : des mots en blocs, des phrases-fleuves haletantes, rythmées, cadencées, crachées, gerbées tout au long des pages. C’est du parlé, du crié même, et la rythmique est impressionnante. Rien que sur la forme, Pas de tombeau pour Mesrine est un uppercut. Et nous, chez Tapages, on aime ça, se faire mettre K.O. par un poète. C’est rare que ça arrive, mais Charles Pennequin fait partie du petit groupe de privilégiés.

 

On l’aura compris, il y a de la verve dans ce livre qui se présente comme une recherche symbolique de la tombe de l’ennemi public numéro un. Le number one, celui qui n’a jamais fermé sa gueule, qui n’a jamais rangé les flingues, qui a toujours dit merde à ce monde qu’il fuyait. Parce qu’on sent que Mesrine est une frontière, une frontière entre le monde de cette époque, et le nôtre. Entre les deux, un abîme : la tombe d’un homme et de tous les autres : nous, pauvres drogués à poubelle la vie, la Star Ac’, et Le Pen.

 

« Même si on va plus loin que ce cimetière, si on rejoint la vraie tombe de Mesrine, car sa tombe si je la trouve ne sera finalement jamais la vraie, sa vraie tombe est ailleurs, elle est dans l’époque, c’est toute une époque au tombeau et c’est nous qui le refermons, c’est nous qui refermons l’époque avec la nôtre, car notre époque est une sorte de couvercle, car notre époque est une mise en bière de toute époque un peu révolutionnaire, car notre époque est une époque de pensées révolues, nous sommes des révolus je me dis en marchant dans les allées du cimetière, nous sommes dans l’époque des révolus plus que dans celle des révoltés, nous sommes complètement out je me dis, nous sommes complètement HS » (p. 14)


Entre poésie et pamphlet, le livre de Charles Pennequin est habité par un souffle : souffle de la voix, de la révolte, geste du corps, geste engageant. Ça gronde. Ça fureur. Ça nous pousse au cul vers le dehors : après tout, si on est out, on n’a qu’à être out jusqu’au bout, comme Mesrine : outlaw, out of society, out of order. On n’a qu’à. Se bouger, rien qu’un peu. Et essayer de respirer dans tout ce bordel qu’on nous a laissé, ou qu’on s’est crée :

 

« Pour ma part, disait Mesrine : j’étouffe, et pas seulement pour moi il disait, j’étouffe aussi pour les autres, pour le tout-un-chacun de l’autre, pour sa petite part à l’exercice du vivant, j’étouffe pour tous ceux qui étouffent mais qui croient pas que ça étouffe, et ça étouffe, ça étouffe quelque part, un étouffement généralisé quelque part, quelque part on a généralisé l’étouffement, quelque part l’étouffement général et personne n’a conscience de ce quelque part en lui qui réalise l’étouffement de tout le monde, quelque part en lui l’étouffement de tout un chacun qui produit lentement son œuvre, comme une longue digestion, et après : dodo. » (p. 23)

 

Avec Pas de tombeau pour Mesrine, Charles Pennequin tente de nous réveiller, de nous libérer de tout cet étouffement qui nous prend, servi par TF1, la société du spectacle, la télé-poubelle, le rien-à-foutre, le train-train nombriliste. Il y a de la politique là-dedans, mais le livre sait se dégager de ce simple aspect : Pas de tombeau pour Mesrineappelle à un réveil de la pensée, dans un geste moins engagé qu’engageant : c’est toujours de poésie dont il est question, et d’une poésie tourbillonnante et frénétique, qui joue sur la répétition/variation (comme dans « La France pue »), tout en se servant de la composante sonore de la langue : ce livre, on ne peut pas le lire sans le gueuler. Gueuler que nous ne sommes pas là. Gueuler que nous voudrions. Gueuler Mesrine, le dernier exemple de résistance face à toute l’ordure qu’on nous sert :

 

« Mesrine est tombé, mais pas pour la France, et moi je le suis, je vais au tombeau avec lui s’il le faut, et j’emmène toute la France avec, car quand Mesrine est tombé, c’est aussi toute la France qui est tombée face contre terre dans Paris, ce Paris outragé, ce Paris brisé, ce Paris martyrisé, mais ce Paris libéré de son ennemi public numéro un, ce Paris pas si souvent que ça outragé, ce Paris jamais brisé ni même trop martyrisé, mais plutôt occupé, pendant la guerre puis après, par les menteurs de tous horizons » (p. 38)

 

Il faut gueuler, mais surtout agir, par n’importe quel moyen. Charles Pennequin, lui, a choisi son moyen : ça sera l’art et la poésie. Et ça fonctionne, puisqu’en lisant Pas de tombeau pour Mesrine, on a envie de se laisser pousser des poings, des couilles et du langage, mis en mouvement que nous sommes par ce pessimisme enragé :

 

« Non, finalement non, nous n’avons rien fait, finalement nous n’avons fait que notre devoir d’oubli, oui, nous avons oublié l’injustice, l’injustice qui l’avait frappé, et qui nous avait frappés de même, nous avons oublié l’injustice qui nous frappe encore, notre injustice, ou nous avons fini par vivre avec, vieillir avec, coucher avec, en chien de fusil, l’injustice en chien de fusil dedans notre lit, et nous comme morts à ses côtés. » (p. 67)

 

Nouvel ennemi public numéro un, Charles Pennequin sait se faire entendre, à grands coups de pieds dans la gueule s’il le faut. Parce que Mesrine est un poète, et que tout poète doit devenir Mesrine : la poésie n’est pas politique, elle est en-dehors de tout, en-dehors des partis, de la société, des habitudes ; la poésie est terroriste. Elle appelle le corps, la voix, le mouvement : elle nous ordonne d’être là, absolument, totalement, de ne pas s’endormir sur nos idées établies : il faut s’inventer sans cesse. Et tant que des gens comme Charles Pennequin ne se tairont pas, on aura peut-être encore une chance d’exister dans la vie merdasse.

 

 


 

 

 

 

 

Charles Pennequin, Pas de tombeau pour Mesrine, éditions Al Dante, 2008.

ISBN 978-2-84761-999-7

13 euros.

 

 

 

 

Yannick Torlini

 



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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 22:42

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 18:18

 

 

 

 

dans le souffle de chaque dans le geste de chaque je suis le corps même empli de vie même de chaque je suis le corps tendu étendu du désir même même qui éructe encore quelques mots chaque fois encore je suis là encore mais même ailleurs la chair chaque instant oui la chair non la chair hérissée en porte-à-faux sans voix du peut-être aime et cherche le geste le sexe tendu en totem et je contorsionne je contorsionne la vie dans chaque et le cri de la malangue même autour et coincé et dans le chemin de gorge et dans le sème de vie pas pris et encore pas pris même en corps le tien dans le lointain des jours c’est le désir chaque fois et un peu de bruit pas très loin qui nous nous sème au grès du ventre pas très loin tout autour de nous et c’est la pièce qui existe soudain même dans le je-tu-il chacun nous vidons nos âmes par tous les pores de nos vides chaque vide nous vidons vivants les semblants de nous vides

 

du corps en veux-tu en voilà du corps il y en a partout du corps à ne plus savoir quoi en foutre du corps il y a du corps dans nos corps nos voix nos gorges et il y a du corps un peu trop et il n’y en a pas et peut-être oui et peut-être non et peut-être je m’ouvre comme un o dans le poème je m’ouvre le corps comme un o dans les cloisons de la chair le son c’est le je désirant le son c’est le dépassement de peut-être jusque dans le je crève inspire-expire la voix semence du corps qui nous vit et nous tue cherche encore la malangue dans la foutrerie de la poésie et de la parole et de l’âme cherche encore la malangue là où elle n’est pas

 

puisque c’est là oui puisque c’est là encore et encore puisque c’est là et qu’il faut faire avec puisque oui c’est là oui tout est là nous et tout le reste et tout le reste de nous oui nous on est là tout le reste de nous à bouffer des mots et des restes de nous pour vomir le flot de la malangue dans l’érotisation généralisée de nos vies en forme de silence subsistance du corps subsistance aimant pas aimant aimant et encore dans le souffle de chaque et encore non et encore peut-être et encore oui grand ouvert comme un corps grand ouvert

 

 

 

Yannick Torlini

 

 


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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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