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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:24

 

 

 

 

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Identiques à tant : les jours, creux.

Passaient en silence.

Suspendu à la fenêtre du séjour, l’extérieur sembla s’attarder pour.

 

                                             On fit comme si.

 

                                                                                 Identiques à tant.

 

Dehors, de grands oiseaux de vent dévoraient la berge froide. Dans les matins, vides,

quelques échos seulement : les peupliers répercutèrent la nuit, feutrée de sèves.

 

Le cœur bruissait encore dans la ventripotence de la pièce,

 

                                             L’espace qui nous dévorait comme.

 

 

 

 

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De grands oiseaux de vent s’entraînaient à mourir.

Dans un coin vide, ça s’élançait : prodigieusement. La pièce, la main, le geste, la lumière.

On n’allait pas plus loin que le jardin :

le ciel fusait lent, la table de bois recueillait les regards, la pensée devenait.

 

                           Lourde

                                             Absente

 

                  On riait sous des manteaux de nuit.
                  On s’en contentait.

 

La vie sourde plaquée à la bouche.

 

 

 

 

 

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De grands oiseaux de vent s’attardaient au bord du lit, dans la chambre qui se déployait comme une paume.

Au creux de ta main, ce dehors.

 

                                    Pire :
                  La tête lourde se prenait
                  Dans un drap.

                                    Ça ne recouvrait plus.

 

Des bris de verre s’amassaient dans les tiroirs. Toi, en corps, dans la pièce même.

 

Nos poumons échaffaudaient la nuit.

 

 

 


 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 11:37

 

 

 

 

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cabosser l’air et, les poumons avec. cabosser. dans la prise de forme essaime : l’essai. cabosser. tout un ciel qui : n’en est pas un. un ciel, entier. dans nos crachoirs. dans nos dehors. dans nos dedans.

prendre la courbure de. ce qui est rectiligne. comme il y a un sol. après chaque pas invente : la terre. le sol. la terre. nous sommes la cause et la conséquence. du mouvement. nous. apatrides. sans-papiers : un mouvement. comme nous nous cabossons dans l’immobilisme. inventer la langue : dans les mots que nous crachons. les colères que nous cachons. cabosser. dans les mots. dans la langue. dans la bouche. dans le souffle.

cracher l’air qui : maintient. le corps. une idée : du corps. fixation des chairs. agencements des organes : génération. organes. faire feu de tout désir. lorsque. plus rien ne tient. dans le désir. dans le creux. du passage : main, gorge. un passage. nous sommes dans la vacuité du passage. l’évasion : de ce qui, retenu dans la cage : thoracique. traverse.

ce que nous cachons. exécrons. ma bouche parle l’époque, ses bâtiments, ses alignements. ma bouche l’alignement. chaque mort entassée dans la mort. les entassements. les alignements. un corps. une génération. cabosser l’air : et les poumons avec.

 

 

 

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 12:49

 

 

 

Nous signalons la parution de 9 textes de Yannick Torlini, issus du recueil en cours Paysages du corps duel, dans le numéro 20 de la revue N4728.

Pour se procurer la revue :

 

abonnement à 25 € pour 2 numéros (15 € pour les étudiants et chômeurs), ou bien un seul numéro à 12 € (+ port 3 €). Envoi d'un chèque (à l'ordre de l'association Le Chant des mots) à Christian Vogels, 23 Port du Grand Large, F49130-Les Ponts de Cé.

(préciser nom, prénom, adresse, téléphone, courriel, date et signature)

 

 

 


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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:10

 

 

 

Des extraits de Polaroïds – de Yannick Torlini – sont disponibles ici. N'hésitez pas à lire quelques pages. Notez également que le livre est toujours disponible à la vente (en version complète cette fois-ci). 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 16:54

 

 

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:52

Please don’t let me be misunderstood


Je voit dans ton visage un œil

Qui voit dans mon visage un œil

Qui voit un œil dans tous les visages

Et je regarde le silence de cet œil

Démultiplié autour de toutes ces bouches

Closes

Je n’existe pas dans le reflet de ton œil

Ni dans ta bouche morte ni dans aucune bouche

Ni aucun œil le mur est muet l’arbre sec

La chandelle éteinte et je ne sait pas qui

Ecrit ces lignes courbes sur une page

Aussi inexistante que moi

 

Please don’t let me be misunderstood

 

Tu es obligé de voir ma face cachée

Le vide au creux de l’œil silencieux

Qui n’a pas de langue la bouche

Grise inexpressive qui se cache

Dans le rouge à lèvres parce que je

Suis l’humain sans visage qui dit

Je sans savoir qu’il n’a pas de lèvres

 

Please don’t let me be misunderstood

 

Où est-elle la voix de je ? La voix

Perdue dans l’œil noir et le silence

Dressée au creux du visage

La voix gorgée de sang qui palpite

Près de la chandelle fragile et libre ?

 

Please don’t let me be misunderstood

 

J’entends la voix de mon œil s’éclairer

Déglutir et crier que la page est tâchée

De sang frais recouvrant le gris du visage

Qui est tous les visages

 

Ne sais-tu pas que je suis humain ?

You understand me now

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:26

 

 

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 20:39
être absent absenté à soi place
le point de fuite de nous peut-être
quelque part par-delà le nous
comment faire en sorte que rien
ne sorte du plein de rien
tout ne sera jamais tout le
corps une consistance impossible

***

pourrait-il être pourrait-il n’être pas le
babil insatiable jusque sur les murs la pièce
ça ne s’arrête pas ça ne s’arrête jamais
il faut revivifier le tous-les-jours par
l’affreuse langue de jamais je ne suis c’est
tout au fond du maintenant embourbé
dans le maintenant ça ne s’arrête jamais

***

ma langue recherche le mouvement constant
la consistance de soi tassée dans la
légèreté des matins ma langue recherche ma
langue recherche l’inadmissible au fond
de la vie admise ma langue est une pierre
qui tombe dans la mort des possibles
ma langue se tait lorsque je parle

***

je me tasse je me tais
au fond de la parole au fond
des matins identiques je me tasse 
au fond des images qui se répètent
au fond du trou de la 
langue je me tasse au fond de
l’impossible-je la vie
marchande le corps je me tasse
démantelé signifiant
signifié double identité je me

***

pas encore tout-à-fait là pas encore
dans la forme même du parler
informe je suis dedans oui dedans
il y a quatre murs d’exister dans
et la voix ne vient pas jusqu’
au cri irrigation de maintenant jamais

***

poursuivre le vide de chaque matin
dans la démesure de la vie errante
image après image slogan après slogan
trouver encore quelque chose à dire
là où tout se répète à l’unisson
il y a encore il y a il y a
nos échos qui se confondent dans le rien

***

la gorge à tout bout de champ la gorge quand
rien ne passe plus dans le barrage de soi comme
un possible improbable dans la lenteur de demain comme
un éclat du corps dans la mosaïque des moments presque
comme du sens au fond de la mécanique de maintenant
comme un lien avec les jours liants un à un
voix après voix après cri après chuchotement après quelque vie
pas plus de précision puisqu’il faut exister global dans
le pierre après pierre de chaque matin désagrégé


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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 12:19

 

 

 

 

je pourrais dire dialogue

ici ce qui se passe entre nous

et même si l’évidence répond que je suis seul à parler

et j’entends son rire gras

mais on peut rire en retour de l’évidence

en répondant à sa réponse qu’elle est sourde au point de ne pas entendre tout le langage qu’il y a dans le silence

c’est cette contre-évidence la blancheur et la lisseur des assiettes sur la table horizontale entre nous

elles sont pleines si tu y prends garde de petits reflets qu’on n’identifie pas

mais qui sont pourtant le paysage parfait de l’événement que nous sommes d’être

deux pluriels ensemble

événement d’événements

inséparables et pourtant jusqu’au bout notre rencontre est de l’ordre de l’insolite

insolite aussi la forme strictement historique de nos solitudes ici inventées

toute rencontre est empirique et fait naître une forme empirique de solitudes

c’est l’idée même d’un silence silencieux qu’il faut faire taire dans les têtes

rien n’est moins silencieux que le silence

(écoute ici le rire du rire)

puisque l’histoire est sans repos notre passage l’un à travers l’autre

et que resterait-il de nous si ce passage pouvait ne serait-ce qu’un instant s’arrêter

ou s’il pouvait seulement passer sans transformer radicalement les passants-passés que nous sommes ensemble

rien ne le suspend nous passons sur son fil en équilibre et pourtant

nous ne pouvons non plus cesser de tomber

 

je dis dialogue et je le dis pendant l’étonnement de l’évidence

je me dépêche tant qu’il dure

j’en profite pour la mitrailler comme le photographe essaie de saisir l’instant même du mouvement

car mêmement l’évidence n’est qu’à la seconde de son foudroiement

puisqu’une autre déjà brûle en nous une forêt de certitudes

 

quand elle apparaît comme une vérité toute nue

nous pouvons brûler la vérité

et garder seulement la nudité dont nous revêtons ensuite un tout nouveau doute

le doute tout nu est la générosité nécessaire pour que l’événement de notre rencontre sous-entende que nous sommes nous l’événement de la rencontre

la nudité du doute est une grammaire appliquée à la parole qui empiriquement fait être la cuisine

elle est l’économe avec lequel nous pelons le réel jusqu’à son noyau de rêve

jusqu’à la nullité totale de la réalité

laquelle apparaît alors dans sa plus simple expression

une suite de mots qui ne peut atteindre en nous nul rivage

nulle digue ne peut en contenir l’accroissement

puisque la nudité nous multiplie devant la complexité de notre plus simple appareil

le langage

ne s’incarne pas dans notre chair mise à nu

bien plutôt

il n’est que s’il est

l’évidence même dite à voix haute enfin que nous le sommes toujours

et sans préméditer de l’ensemble du dit

et du tu

alors il est aussi ce qui infinit le noyau

et le corps qu’on est n’est que si le corps est toujours le langage qui se détache nettement des planches anatomiques

de la science

et de l’hygiénique réflexion des philosophies

et de la torturée démonstration des arts prise un temps pour le parangon de la révolte quand il s’agit toujours de réaffirmer la vieille morale pour laquelle le corps n’est jamais que le sale de l’humain

et d’asseoir sûrement dans notre viande les préceptes hérités

mais il ne suffit pas de prendre le parti du sale pour rompre avec les prémisses de l’hygiénisme

nécroser les oppositions ne dédogmatise pas les axiomes

même la gymnastique appliquée aux fossiles ne suffit pas à faire de la paléontologie une promesse d’avenir

la plasticité du passé n’est pas une garantie suffisante pour qu’une vie soit plus forte que seulement la survie

l’esthétique ne sent le corps et ne le sait que si

piqûres blessures scarifications et tortures en tous genres en assurent l’effrayante présence

ou si la duplicité du beau ne donne de la vie qu’une image arrêtée

morte plus morte encore que ce qu’en dit toute la dégradation en route de nos amas d’organes

c’est encore le corps en gloire et l’esthétique tend ses toiles peintes sur l’ensemble de ce qu’il y aurait à vivre et sentir vivre

même si c’est en gisant

même si c’est encore la descente de la croix

même si c’est l’extase froide des marbres

même s’il n’est plus qu’un crâne posé dans le clair-obscur d’une vanité

il demeure toujours que c’est

le corps

ce qu’ainsi on appelle

qui détermine par avance son image impeccable de chose putrescible

pour ne pas s’entendre qui s’invente jeté dans l’élan d’un vivre

 

mon corps n’est pas un lieu commun

même si je le donne gratuitement à qui vient

gratuitement dans cette cuisine

à qui s’amène aussi

bouche ventre souffle entre eux un remuement qui fait l’écoute toute

pleine de langage

 

 

 


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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 13:11

 

 

 

Jouet sordide chœur tombé plafond sendrésailles ailes peut-être mais plus que pourri parce que car

Hostile clique frite grattez z zzz 
que parce que je vous tendrai de noir 

page froissée humecte sec vit vite visite
c'est pas le train

Bon


Je voulais

scire cire pigé piou piou
T'as vu la pute ?
Droaguée camée cramée la pioute pioupioute

Et pourquoi pingouin et pourquoi pas

Voix sans os tu souffles mots morts marmots marmoréens mornes mormons moutons latins

Gynécopoliticologique cul mon cul de mon cul

parce que cul q q Q queue cuillère feuille fondant drafté rapt ptérodactyle drapé dans sa vétille à clous parce q poilu mais sans oublier emmaus le mas du mât du curé qui rugit

lit litre frappez fort entrez doucement délices délictueuses pâtisseries qui crachotent venin velu hibou tombé du bal parce que parce que mes doigts sont des fusils oui des fusils et même des fusils alors

alors

à l'or succédait le plomb maintenant l'ordre est cassé et le puits (prends ton s le puits tête à gonds tête à gonds le puits oublie qu'il attend

Pétard ! Perdu pétard têtard hululululululululu ! Grouillent grondent choisissent pleurent sèment dressent luisent luisants lutins lutinent butin butinent parce que

ffffffffffrtch n'est pas un son un mot une sodomie

trompe d'éléphant dans tes sphincters qui résistent latex pardu 
résistent au séisme piaillant qui sème lèche sombre le cucul qui s'envole alors na !
Roter faire un pas c'est pareil : un parc l'herbe et luit le goudron sans plumes éclair orange à perte de vue la sueur m'aveugle et je te vois parce que parce que faut que je dise faut que je sache parce que les mots sont sans son

Drapé paré appareiller pour l'empire cramponné à son téléphone portefeuille projet de loi pro-jeu de l'oie pour mettre au pas mettre au pas ah papa tous les barbus les Barbudes les Bermudes mais pas les bermudas papa années 80 palmiers vert fluo empalmés sur ta main ta paume de paumé

Alors na !

 

 


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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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