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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 20:22

 

 

 

 

 

 

-Notes : La lettre A, intitulée «Préface», est composée de 26 chansons de 32 phrases, dont 16 de refrain, écrites avec une alternance syllabique de 6/8. Elle n’est pas paginée ni ponctuée sauf un point final sur la dernière phrase qui annonce la lettre B.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      LE MUSICIEN

 

 

 

 

 

 

 

Au début la vie prononce

les notes du hasard

La main donne sa réponse

sur une guitare

 

Quand la corde pincée fleurit

le temps se transforme 

Un musicien crée l’harmonie

l’octave se forme 

La main glisse vers la source

au sommet du dedans

L’expérience fait la course

avec un innocent

Pour l’interprète lucide

l’instant est possible

Sa vie s’attache au vide

d’un fil invisible

 

Au début la vie prononce

les notes du hasard

La main donne sa réponse

sur une guitare

 

Le rythme transporte l’action 

au centre de l’humain 

Dans un monde en mutation 

résonne le refrain

Le public répond en écho

à l’onde subtile

Le musicien joue en duo

avec chaque style

L’artiste obéit à l’air

Il crée un mirage

Sans aucun commentaire

est né un langage

 

 

 

Au début la vie prononce

les notes du hasard

La main donne sa réponse

sur une guitare

 

Le musicien joue sa chance

sur l’éternel départ

Il s’accorde au silence

pour oublier son art

Au cœur des cordes magiques

la cible résonne

L’univers suit la musique

l’inspiration sonne 

Les auditeurs en osmose

partagent ce réveil

Des planètes se composent

à l’ombre d’un soleil

 

Au début la vie prononce

les notes du hasard

La main donne sa réponse

sur une guitare

 

Les sons viennent sur mesure

l’inconnu s’élève

La mélodie se fracture

un musicien rêve

Le souffle du hasard ouvre

la voie idéale

L’improvisation découvre

la fuite totale

Sur le sort de l’art mis à nu

le concert se fini

Mais le silence continue 

à chanter l’infini

 

 

 

 

 

 

 

LE SILENCE

 

 

 

 

 

Le silence vit à l’ombre

d’une soif d’harmonie

Il organise les nombres 

d’un rythme infini

 

Un nomade prend la fuite

du sédentaire bruit

Dans l’espace sans limite

le silence fleurit

Sa fragrance enivre l’air

imbu d’élégance

L’absence de commentaire

fonde sa puissance

Le solitaire distille

l’occasion attrapée

Ce repère immobile

guide son échappée

 

Le silence vit à l’ombre

d’une soif d’harmonie

Il organise les nombres 

d’un rythme infini

 

Dans la rencontre totale

le cœur est enchanté

Un rythme muet s’installe

dans la vie habitée

Selon ce chant inutile

la volonté se tait

Le fugitif immobile

entend sa liberté

Aucun obstacle ne sépare

le dedans du dehors

Le silence comble l’écart

de la vie à la mort

 

Le silence vit à l’ombre

d’une soif d’harmonie

Il organise les nombres 

d’un rythme infini

 

La couleur du ciel attire

le parfum de la mer

L’horizon en paix respire

une sage guerre

Un cri ouvre le délire

enfermé dans les nerfs

Ce son parle sans rien dire

sous un masque de fer

Un fou entend le silence

à l’état magique

Son corps formule la danse

d’une loi rythmique

 

Le silence vit à l’ombre

d’une soif d’harmonie

Il organise les nombres 

d’un rythme infini

 

L’image garde le secret

du silencieux sage

Il trace les mystérieux traits

de son seul langage

Sa pratique anonyme

dessine des miroirs

Le silence légitime

un intime savoir

Aux yeux de ce mot limpide

ma chanson est en trop 

Seul ton sourire placide

dira le dernier mot

 

 

 

 

 

 

 

LA DANSE

 

 

 

 

 

 

 

La danse enflamme le vent

des gestes irréels

Le silence en mouvement

sculpte un modèle

 

Sur une plaine infinie

un corps vit en suspend

Il attend d’être recueilli

par la force du vent

Ses muscles nagent sur terre

versés dans la masse

Corrigée par l’éphémère

la pensée s’efface

Le ciel alors s’épanouit

les prévisions cessent

Un nuage s’évanouit

le danseur se dresse

 

La danse enflamme le vent

des gestes irréels

Le silence en mouvement

sculpte un modèle

 

Un marcheur s’ajuste à l’air

le premier pas est dit

Pour s’envoler de la sphère

une danse suffit 

Le courant d’air inspirateur

rythme l’inattendu

La nature chante en cœur

le trajet imprévu

Un acrobate virevolte

à l’ombre du vide

Avec son corps désinvolte

il lâche la bride                                                                                                                                               

 

 

 

La danse enflamme le vent

des gestes irréels

Le silence en mouvement

sculpte un modèle

 

La vibration est accrochée

un danseur circule

La marionnette est lâchée

le cœur s’articule 

Un ballet de chastes ondes

chante l’impossible

La vie et l’air se confondent

dans l’un invisible

La gestuelle palette

réunit tous les arts

Musiciens peintres poètes

dansent en fanfare                           

 

La danse enflamme le vent

des gestes irréels

Le silence en mouvement

sculpte un modèle

 

Après l’extatique fête

l’euphorie s’impose

Dans la plaine satisfaite

le calme explose

L’homme aux gestes captivants

a livré son charme

Avec la retraite du vent

son art rend les armes 

Le grand frisson de l’univers

pétrifie le danseur

Dans son corps il a découvert

la pierre du bonheur

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:25

 

 

 

 

Le numéro 43 de la revue Traction-Brabant vient de sortir, et n'est pas (malgré la date de parution) consacré au Beaujolais nouveau, mais au sport. Vous pourrez y retrouver un texte de Yannick Torlini.

Pour commander, ça se passe toujours ici :

 

http://traction-brabant.blogspot.com/

 

 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:00

 

 

 

 

j’ai dis viens

dans ma cuisine

et je le disais sur un très vieil

air de blues

ainsi ce qui passait

de bouche à oreille ici prenait l’air

d’une réalité concrète

car entre toi et moi

un siècle pouvait faire défiler ses images

de vaguement le règne du bois

la terre

battue

le formica le béton

la révolution souriante des arts ménagers

le rustique aussi remonté

de bouche en bouche jusque dans

les gestes cadencés des usines

le plaqué

le contre-plaqué

l’aggloméré

le lamellé-collé

le faux parle vrai dans la torpeur de l’époque

dans le dialecte des pro-

des post-

et des néo-

l’époque toujours marche au pas

sur n’importe quel carrelage

qu’importe la cadence

on s’adapte on nous a dit

l’adaptation c’est nous et honte

à qui trainerait en route honte

à qui s’arrêterait un instant pour

sous les néons

juste y penser un peu

honte à qui

trainerait la patte moi

j’ai dit viens

dans ma cuisine

et j’aurais pu dire aussi ein Volk

ein Reich

eine Küche

tant ici ce qui se joue encore

c’est la depuis toujours et à nouveau question

de l’identité

mais je laisse brûler mes questions

et nos papiers

ça sent le roussi dès lors

que sur le feu voici ce sont

de très vieille casseroles que nous avons disposées

j’ai dit viens

dans ma cuisine et je sais

que nous avons ensemble quitté tout ce que l’histoire

mijotait doucement sur les quatre plaques ici-même

de notre réunion

j’ai dit viens et le temps

est venu de brûler

une cuisine dans la cuisine

fumée de fumée

notre savoir

notre sagesse

fumée de fumée

notre évidente allégresse à l’idée

que demain nous ferons allégeance

encore

à qui sait

ce que

ce que nous fûmes doit

faire de nous sommes

maintenant

 

oui selon les époques bien-sûr

nous aurions participé à la plasticité tenace des toujours mêmes vieilles lunes

l’histoire ne se répète pas

mais elle fait durer dans l’air du temps qui change toujours l’horreur

toujours la tout autre façon d’accommoder les restes

au goût du jour

notre goût et pas le nôtre

notre jour et pas le nôtre

toujours nos restes

puisqu’il n’y a que ça

puisqu’on nous dit qu’il n’y a que ça

de vrai dans chaque jour les paroles partagées face à face rien

j’entends toujours rien

n’a de sens mais les restes

il n’y a que ça de vrai puisqu’ailleurs au centre tout est fermé

une bouche se tait

mais dieu gargouille nous n’avons qu’à écouter nous n’entendons

que le gargouillis le gazouillis on nous dit

rien

dans la cuisine travail

famille

gastronomie

et tout passe tout dans l’œcuménisme 

du repas du dimanche

l’authentique continue de faire recette

un bouillon-cube dans le melting-pot

et j’entends à la radio l’europe

entière attend cette parole mais j’ai compris d’abord

le repentir

attend cette parole

je me tais

je continue 

 

 

 


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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 20:47

 

 

 

il y a un mouvement. il y a. il y a un geste. un gestuelle. il y a. une poétique du mouvement. un déplacement d’air un : souffle. il y a : un souffle qui se déplace. déplacé. dans chaque sens, chaque idée. chaque idée. se déplace. bouge. il y a un mouvement : jusque. l’idée. dans le cœur qui : baratte son sang. bouge. bat. baratte. abreuve chaque parcelle. le cadastre de chair. il y a, un geste, dans le cadastre. il y a un cadastre. un geste. je bouge. vous bougez. vous. nous n’arrêtons pas. de vivre et de bouger et de respirer. dans le cadastre. nous ne cessons. dans. nous sommes : nous. le mouvement.nous. le geste.

 

 

 


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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 17:44

 

 

 

 

Philippe Jaffeux fait partie de ces auteurs émergents dont les travaux gagneraient à être mieux connus pour leur originalité, leur maîtrise de la contrainte formelle, et leur qualité proprement rythmique, dans une mécanique qui évacue tout lyrisme pour se focaliser sur des aspects plus techniques voire technologiques, ne diminuant en rien les qualités poétiques de l’œuvre. Les lecteurs des excellentes revues N4728, BoXon, Ouste ont d’ailleurs déjà pu croiser cet auteur très prolifique, qui est également assez actif sur le net.

Philippe Jaffeux a ainsi publié cette année aux éditions L’atelier de l’agneau son premier livre : O L’an/, fragment (détachement du O) d’Alphabet, un vaste programme ayant pour base les lettres de l’alphabet, et visant à les resignifier, chacune faisant l’objet d’un traitement artistique particulier.

Le traitement de la lettre O – qui Occupe tout ce premier recueil de Philippe Jaffeux – va être déterminé par sa forme circulaire, associée à la forme circulaire d’un CD-Rom. Dès les premières pages, le programme d’écriture est défini :

 

« Notes : La lettre O s’intitule «L’an / » car elle débute par la 365ième page de « Alphabet ». Elle présente 26 cédéroms d’un diamètre de 12 centimètres qui contiennent, chacun, 15 phrases exposant un mot de 15 lettres orthographié avec deux O. Les huit dernières lettres de chaque phrase sont ponctuées par une barre diagonale afin de suggérer un jour, un mois et une année. La pagination, située au centre, est alternativement blanche ou noire pour correspondre au jeu du jour et de la nuit. Un dernier cercle, sans contour, assiste la conversion d’un o final en un° avant que l’inversion d’une ultime barre diagonale annonce la lettre P.

Précisions : Chaque page contient 30 O et 60 barres diagonales qui séparent 120 lettres. La lettre O se termine, en fait, sur la 11ième ligne de la page Y car celle-ci comptabilise 365 mots avec 2 O, soit la fin d’un an. Les 25 derniers mots, à consonance musicale, ne sont pas des vocables de 15 lettres mais ils contiennent tous 2 O. Le diamètre approximatif d’un cédérom est mis en correspondance avec les 12 mois d’un an (1ière ligne de la page A par exemple). Les mesures récapitulatives sont : des pages (et cercles ou cédéroms), dates, lettres composant les dates, traits (ou barres diagonales), lettres O (ou o), octets, lignes, interlignes, phrases et mots. L’épaisseur approximative d’un cédérom est de 1,2 mm (8ième ligne de la page A par exemple). Les contours du cédérom disparaissent sur la page Z. » (p.5)

 

En se plaçant ainsi dans la lignée de l’Oulipo, peut-être aussi dans celle du Lettrisme, ou plus récemment du Mutantisme (pour l’aspect informatique et technologique), et en pariant sur l’idée du numérique (CD-ROm et Octets), Philippe Jaffeux nous présente une œuvre tentaculaire, aux multiples facettes et possibilités de lectures, induites par la circularité de l’œuvre : le cercle – figure géométrique dont le contour (le tracé du périmètre) n’offre aucune fin ni aucun commencement – vient contaminer le déroulement linéaire de l’alphabet : ne situant plus la lettre entre un alpha et un omega, la réinvention de la lettre implique une réinvention de la langue dans un temps et un espace eux aussi circulaires.

Car il y a bien circulation et circularisation du sens : Alphabet connaît un détachement, celui de la lettre O, de l’infini de l’omega qui, représenté sous forme de CD-Rom, encercle à son tour les 26 lettres de l’alphabet : une lettre dans une lettre dans une lettre, etc. On assiste alors à l’imbrication des possibles, des niveaux de lecture, des temporalités, puisque la place de O, « la 365ième page de Alphabet », est directement mise en relation avec les 365 jours d’une année.

Mathématique folle proche du pythagorisme (si, selon Pythagore, le monde est fait de chiffres, le texte de Philippe Jaffeux abonde dans ce sens : les univers informatiques ne sont-ils pas constitués de suites de 1 et de 0 – ou bien de O ?), nécessité de tourner un rond dans la langue et le temps de la langue pour « s’en sortir sans sortir » (Ghérasim Luca), le livre s’inscrit dans un espace et une temporalité sans cesse réinventés et ressassés, visant à réellement (re)matérialiser la langue et le discours.

O L’an de Philippe Jaffeux, par la poésie, crée ainsi un subtil mélange entre lettres, sciences, techniques et mathématiques, pour aboutir à une œuvre véritablement « cosmogonique » : après avoir longtemps cru que le monde avait la forme d’un disque, l’homme a été contraint de réevaluer sa conception de la géographie terrestre ; ainsi chaque page du livre de Philippe Jaffeux est également une tentative pour sortir d’un temps et d’un espace délimités par le cercle, tentative aboutissant, avec la dernière page de O L’an à la disparition des contours du CD-Rom, forme d’abolition des frontières temporelles et spatiales de la langue, forme de redéfinition de la place de la lettre dans l’univers, de réinvention de l’univers par le langage. Forme également métaphysique et transcendantale de la langue qui, pour reprendre le mot de Pascal à propos de Dieu « [devient] un cercle dont la circonférence n'est nulle part et dont le centre est partout ».

Lors de la lecture du livre de Philippe Jaffeux, il est également important de prêter une oreille attentive au rythme des poèmes : les barres obliques à la fin de chaque phrase, en plus de matérialiser une date, viennent briser la régularité de la diction et offrent une scansion qui replace le texte dans un espace désormais sonore et cahotant, hâché, délimité phonétiquement.

Il serait prétentieux de croire que le livre de Philippe Jaffeux peut être saisi dès la première lecture, tant les contraintes s’imbriquent, s’opposent, se fondent pour aboutir à une œuvre véritablement kaléidoscopique et totale : mais c’est là toute la force du livre et de l’écriture de Philippe Jaffeux : complexe, multiple, miroitante, hors de la durée limitée du livre, pour habiter le temps infini de la langue.

 


 

Yannick Torlini

 

 

 

F Jaffeux

 

                                     (Extrait du livre)

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Jaffeux

O L’an

Atelier de l’agneau éditeut

Collection Architextes

ISBN 978-2-930440-42-2

10 euros


 

 

à commander en librairie, ou bien s’adresser à :


 

 

Atelier de l'agneau éditeur 

1 Moulin de la Couronne

33220 ST-QUENTIN-DE-CAPLONG

e-mail : at.agneau@wanadoo.fr

www.at-agneau.fr
http://www.facebook.com/pages/Atelier-de-lagneau-editeur/191018300968693

 

et envoyer ce BON DE COMMANDE rempli

 

 


 

 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 06:37

 

 

 

 

11.11.11.jpg

 

 

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 12:00

 

 

 

 

jaffeux1.jpg

 

 

 

 

Après diverses publications en revues (BoXon, N4728, Ouste, Traction-Brabant), Philippe Jaffeux publie son premier livre aux éditions L'atelier de l'agneau.

 

 

 

 « O » est un extrait de ALPHABET , «composé de 390 pages divisées en 15 lettres de 26 pages. Ce texte construit avec des formes et des mesures, essaye de se rapprocher à la fois de la poésie concrète, oulipienne, visuelle, numérique et expérimentale ». « O » présente 26 cédéroms d’un diamètre de 12 centimètres qui contiennent, chacun, 15 phrases exposant un mot de 15 lettres 

 

 

 

 

O L'an, de Philippe Jaffeux
Editions L'atelier de l'agneau 

 13ième livre de la collection architextes 

ISBN 978-2-930440-42-2 

Date de sortie : 12-09-2011 

Genre : LITTERATURE /poésie 

36 p. 12 € 

Format : 21 cm/21cm 

 

 

 

 

 

Pour commander, envoyer un chèque à : 

 

Atelier de l'agneau éditeur 

1 Moulin de la Couronne 

33220 ST-QUENTIN-DE-CAPLONG 

e-mail : at.agneau@wanadoo.fr 

www.at-agneau.fr 

 

 

 


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 12:00

 

 

 

 

la cuisine se contredit

dans chaque assiette

d’abord elle se dit

puis elle se contredit

mais d’une façon telle que dire et contredire

convergent paraissent

simultanés

je ne cesse de m’asseoir face à toi

d’un face qui est un dedans

je ne sais ce que c’est que

s’asseoir

puisque ça bouge entre face et dedans

sans pourtant qu’il n’y ait

dans entre

d’espace avant qu’y bouger

n’y fasse de la place

la cuisine ne peut pas se dire

si bien qu’elle ne peut non plus se contredire

d’abord elle ne se dit pas

puis elle ne se contredit pas

d’une façon telle alors que ne pas dire

et ne pas contredire

coïncident dans le silence

la simultanéité des silences

a beaucoup de sens – lequel ? comment

savoir

puisque c’est savoir que le sens ouvre comme une huître

ou une noix de nuit

la diction

et la contradiction de la cuisine

ne s’opposent pas

entre elles

mais contredisent tout ce qu’on dit

de dire

et de ne pas dire

et tout

aussi

ce qu’on n’en dit pas

on y respire un air

entendu

on ouvre la fenêtre du puits

de lumière

le bruit du dehors

dedans nous aère

on pend sur la corde à linge dialectique

une robe

et un pantalon

leur poids d’eau et leur poids d’air

ensemble

usent la corde jusqu’à la corde

la tendent jusqu’à la rupture

la synthèse

est une chute qui n’avoue que son silence dans le puits

en nous son écho

dessine l’espace où dire

sa nudité 

 

 

 


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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 08:42

 

 

 

matin visuel p49 - copie copie

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 21:11
Mutant manif couv wwW
Le livre
 
« Le mutantisme est un logiciel psychique s'adressant aux personnes voulant penser et créer hors de ce qui est. »
 
 La vraie mutation est intérieure
 
 
 
Manifeste mutantiste 1.1 est un essai, un texte poétique, et une notice technique.
Il exprime les principes du « mutantisme ». 

Mutantisme =
1/ un constat sur l'époque (ré-initialisation générale)
2/ une façon de créer

3/ un agrégat de personnes se déclarant « mutantistes »

Ce monde est devenu un espace lisse, vide. Mais nous pouvons y faire naître des plis, y faire pousser des reconfigurations. 

Texte matriciel, méthode, hymne à la solidarité entre « différants » (voire « inadaptés »), Manifeste mutantiste 1.1, de Mathias Richard, propose des perspectives créatives et communautaires.

« Le mutantisme est un programme de réinitialisation d'où naissent de nouvelles catégories, de nouvelles classifications, de nouvelles formes. »
 
Présentation du livre plus détaillée : http://www.camerasanimales.com/livre07 
 
---------------

L'auteur
 
Mathias Richard est poète, écrivain et musicien.

Mathias_www.jpg

Présentation plus complète ici : http://www.camerasanimales.com/auteurs03
 
Avec également la participation de Nikola Akileus, Gabriel Azais, Guénolé Boillot, Philippe Boisnard, Antoine Boute, Lucille Calmel, Cyrill Chatelain, Georges Cl4renko, Yvan Corbineau, Grégoire Courtois, Etienne Dodet, Christophe Esnault, Caroline Hazard, Hypsis, LWO, Méryl Marchetti, Cédric Micchi, Virgile Novarina, François Richard, Yannick Torlini. 

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Pour se procurer Manifeste mutantiste 1.1

Par Internet, le plus simple et rapide est de commander directement par notre site éditeur :
http://www.camerasanimales.com/commander
Les livres sont envoyés rapidement, le port est gratuit pour la France, et peu élevé pour l'étranger.

Ce livre est également commandable chez votre libraire habituel.

Il est déjà disponible en rayons dans les lieux suivants (merci de soutenir ces libraires qui nous soutiennent !) :
Le Chercheur d'Art - 1 rue Hoche - 35000 Rennes
Le Livre - 24 place du Grand Marché - 37000 Tours 
La Boîte à livres - 19 rue Nationale - 37000 Tours
Les Schistes Bleus - 10 rue François La Vieille - 50100 Cherbourg-Octeville 
Parallèles - 47 rue Saint Honoré - 75001 Paris 
Librairie Agnès b. - 44 rue Quincampoix - 75004 Paris 

L'Ecume des pages - 174 Boulevard Saint-Germain - 75006 Paris
Un Regard Moderne - 10 rue Gît-le-Coeur - 75006 Paris  
Bimbo Tower - 5 passage St-Antoine - 75011 Paris 
Souffle continu - 20/22 rue Gerbier - 75011 Paris
Le Divan - 203 rue de la Convention - 75015 Paris  
Le Monte-en-l'air - 71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare - 75020 Paris 
L'Atelier - 2 bis rue du Jourdain - 75020 Paris
Le Comptoir des mots - 239 rue des Pyrénées - 75020 Paris  
Obliques - 68 rue Joubert - 89000 Auxerre 
Folies d'encre -  9 avenue de la Résistance - 93100 Montreuil
 
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Ceci est un message des éditions Caméras Animales : http://www.camerasanimales.com/

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