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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 11:08

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 Notes : La lettre E, intitulée «Zen... », est composée de 26 cercles qui  contiennent 26 phrases et autant de

         nombre. Les 676 Nombres sont devancés par trois points et suivi par 26  points de suspension. Le dernier

         cercle est dessiné en pointillé et la phrase finale se termine par un point  d’exclamation qui annonce la lettre F.

        -Précisions : Les 676 phrases sont écrites avec les mots « téléphone » et  « pour ».

 

 


 

 

lettre-E.jpg

 

 

 


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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:27

 

 

Comme Julien Prévieux, cherchons la non-motivation !

Tapages lance un appel à textes : écrire une lettre de non-motivation pour le poste de président de la république, qui sera bientôt vacant. Styles, langues, genres, techniques libres. En gros : vous êtes libres de faire ce que vous voulez, comme un vrai président de droite ! Seule et unique contrainte : faire tenir tout cela sur un format A4 maximum (parce qu'il ne faut pas non plus pousser mémé dans les orties)

Date limite des envois 30 janvier 2012

Le projet ne pourra avoir lieu que si le nombre de contributeurs est suffisant. Nous choisirons les meilleurs travaux 

et

les textes signés de leurs auteurs seront envoyés à l'Elysée sous la bannière de Tapages.

Le tout sera également publié sur le blog.

 

adresse d'envoi : yannick.torlini [at] gmail.com



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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 12:00

 

 

 

 

en un tour de main en un coup

de cuillère à pot en un rien

de temps en un clin

de vie

en un rien

demain

en un coup d’œil en un tour

de vis en un mot

comme en cent

la cuisine toujours commence par perdre

ses repères

en un retournement

en un

tour de rein

en un tout-en-un en deux

temps trois mouvements

la cuisine creuse son inutilité dans

l’utilité déclarée de ses objets

le travail à mains nues déshabille l’indécence des ustensiles

inexorablement la propreté d’une cuillère nous pend la tête en bas

déforme les visages dans l’inox

dans l’étincellement de la monstruosité

dans l’effondrement des plafonds

dans la remontée du sol  

en un instant d’inattention extrême

extrêmement se tend le fil de l’histoire

dans l’orbe de la cuillère tourne l’ensemble de la cuisine

les arrangements du sens

les agencements du rance

dans la petite cuisine politique on touille

on touille tout avec la même cuillère

en faisant croire à chaque fois que ce n’est pas la même cuillère

on laisse entendre que changer la cuillère suffit à rendre mangeable le rata ignoble de l’histoire

et l’histoire s’écrit une cuillère pour papa

une cuillère pour maman

on finit par tout avaler à la

pelle pêle-mêle sans même

s’en rendre compte

ainsi

on a mille fois papa maman pour se gaver

puis on fait son rot

dévotement on rote

on vote pour nos déroutes

on prend l’instinct de l’intestin pour un destin

du stade anal au stade national la gymnastique démocrate fait transpirer le corps électoral

dans la cuisine

qui est une contre-cuisine politique

on passe la démocrasse au gant de crin

on gratte ses démocroûtes 

 

 

 


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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:31

 

 

 

Il disait             non pas encore non

           

                il disait          non        dans ce                    (pas encore)

                                   

             qui lui                        restait                 de possibles il disait

 

                (pas encore)                            non il disait         non il disait

 

le rien qui                               lui restait                                         à dire il disait

 

                      ce rien                                        il y a longtemps

 

                                                                                   longtemps

 

                                                                                   longtemps ce rien

 

     longtemps que je vous l'ai laissé

     longtemps que je vous l'ai offert

     longtemps que je m'en suis débarrassé

     longtemps que je l'ai sacrifié

     longtemps oui longtemps que je n'ai plus rien à y perdre ce rien

 

                                                                            je vous l'offre il disait

 

                         je vous l'enrobe dans ma langue vide ce rien           il

 

    disait                           ce rien disait

 

                      tout ce qu'il avait dit depuis               ce rien depuis

 

 

             la table

             la chaise

             l'attente

             la pièce

             la révolte

             le corps empli de barricades

                                      de caillasses et de cris

                                                                de cris

                                                                de cris

                                                                de cris

 

 

il disait                          ce rien je vous l'offre

 

                     avec mon premier             et dernier souffle          je vous l'écris  il disait

 

   ce rien est pour vous                      pour

  

 

                              cette époque et cette langue pour

                              cette terre et ce vide pour

                              cette part d'oubli et d'abandon pour

                              cette peau et cette plaie il disait

                              ce rien est pour vous qui n'avez

 

            plus rien à perdre il disait

 

 

       ce rien               est tout entier                          pour vous à crever

 

              pour la faiblesse              des mots et de la voix

 

   les miens il disait les miens                        je vous les offre avec      

 

                                   ma faiblesse avec              

 

              mon rien                  tout entier à la table           du désastre

 

il disait non              pas encore il disait                        oui

 

                 tout reste encore                        à finir

 

                  dans cet inachevé qui nous sert                    de cuisine de l'enfer

 

                                                                             au quotidien

 

 

 

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 12:19

 

 

 

 

s’arrêter tu disais s’arrêter lorsque ta voix
ne s’arrêtait pas s’arrêter tu disais non pas
encore un matin il fallait poursuivre tu
disais poursuivre oui encore et toujours mal-
gré les temps ressassés la table et l’attente
quatre murs s’arrêter non tu disais non lorsque
le désastre globalisé permettait une voix tu disais
mourir oui mourir non pas encore pas
encore s’arrêter dans les jours pas encore

 

 

 

***

 

 

je te voyais attendre en déséquilibre le
basculement de tout l’univers quatre murs
arrêtée atterrée je te voyais chercher le centre
de gravité de ta vie sans aucun centre ni
contours assise sur ta chaise fixe et immuable
comme tu espérais un mouvement oui un geste
oui qui serait venu de nulle part ou de chaque
frémissement de la fenêtre s’étirant comme

 

 

***

 

 

je te voyais chaque matin dévorer sans dents le
corps du mot & de la langue & du quotidien je
te voyais chaque matin identique assise entre les
quatre murs de ta vie à mastiquer ruminer ton
déploiement dans l’espace & le siècle sans dents
broyer (ou tenter de) la langue étouffante je te
voyais attendre assise à ta table quatre murs
assise dans ta cuisine quatre murs assise dans une
posture laissant présager le désespoir qui vient je te
voyais assise attendre un changement la possibilité
de vivre encore je te voyais assise à en crever

 

 

***

 

 

je te voyais assise à la table des souvenirs
le regard noyé dans ce rien qui
peu à peu te bouffait toi et ton corps
famélique au fond de ces jours lents et ressassés je
te voyais assise à la table vide de ta
vie (quatre pieds formica) attendre que
ta bouche passe dans l’instant embourbé
encore et encore ton désastre personnel aux
basques du désastre global ta perspective obstruée
je te voyais assise entre quatre murs attendre
une fenêtre dans ton enclave de bétons

 

 

***

 

 

nous n’étions que des cloisons bien qu’il aurait
fallu exister quelque part dans les coins
tu inventais mes yeux je te voyais assise muette j’
inventais ta langue seuls nous crevions à
deux assis à la table du désastre généralisé du
désastre extériorisé/mondialisé/individualisé notre
immense famine je te voyais assise tes poches et
ton cœur vides ta table bancale un monde
qui tournait sans toi j’étais les quatres murs de
ta bouche j’étais ton silence la fenêtre qui
chaque matin ne donnait sur aucune rue la
fenêtre qui chaque matin réduisait ta perspective

 

 

 

***

 

 

tu t’es arrêtée un jour entre quatre murs tu
t’es arrêtée un jour comme tu t’es atterrée
dans un espace divis à ta table perdue et vide
cloisons hermétiques tu t’es arrêtée un jour sans
doute encore un matin dans ta parole vivisection
sans doute encore un matin il t’a fallu trouver une
respiration la tienne dans l’espace concédé
incomplet il t’a fallu respirer encore entre quatre
murs un matin respirer et vivre et poursuivre la
division des jours un matin atterrée il t’a fallu
vivre encore et continuer et exister et respirer
atterrée quatre murs ta vivisection quotidienne
un matin peut-être encore il t’a fallu sans doute
un matin peut-être encore sans doute il t’a fallu

 

 


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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:00

 

 

 

 

lisant cuisine tu ne sais

si je dis un lieu ou un faire

ou l’un part l’autre une destitution

puisque je peux faire une cuisine avec simplement le déplacement de l’air

que suscite chaque début de geste

et je peux aussi perdre le métier

en détournant de leur utilité les objets du lieux

lisant cuisine tu peux

à l’image d’un ensemble inconnu et ouvert de gestes et d’objets

substituer celle d’un souvenir

d’une machine élaborée dans la nuit des mémoires

l’enfance est lourde elle cherche toujours

où déposer son sac

mais elle ne peut trouver le lieu où le faire

sans tromper sa propre impatience

sans augmenter le poids du sac de celui de la déception qui t’oblige

à le remettre sur ton dos

lisant cuisine tu sais alors

que tu n’y arrives pas

que tu ne fais que chercher cette cuisine à tâtons risquant

de te blesser aux lames

au coupant

au saillant

qui sont seuls pourtant à prouver la cuisine

et t’en repoussent à l’instant même du contact

il faudrait lisant cuisine que tu puisses

en hisser l’idée jusqu’à la présence indéniable des gestes tenus par les mots

blanchir faire

revenir barder

écaler

clarifier

et dans les verbes une seule

liberté ouverte aux erreurs de lecture

aux scrupules aussi de l’entendement

jusqu’à faire de chaque geste la critique des mots cherchant à le préméditer

déglacer

réduire

rissoler sans plus attendre puisque le temps

est passé

et nul ne peut retenir

ce qui le dévore ni alléger

le sac plein de ce qu’il laisse

après son passage

 

lisant cuisine tu sais

qu’on ne trempe pas deux fois la même madeleine

dans le même tilleul

 

 

 


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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 14:58

 

 

 

La poésie actuelle est et restera probablement un beau et riche bordel ! La sensibilité et la stylistique de Christoph Bruneel confirment ce penchant : En désordre : De la destruction de la langue & de la corruption du mot, qu’il vient de publier aux éditions l’Atelier de l’agneau, poursuit et entretient – comme le titre l’indique – une esthétique du fouillis, de la désorganisation, aussi bien dans la succession même des textes, que dans la langue qu’ils développent, et leur incongruité pourtant extrêmement lucide.

Oui, En désordre est un beau bordel poetico-linguistique, une véritable Babel entremêlant français, flamand, allemand et… langues inventées ( !), collisions/collusions de mots qui, derrière la créolisation du discours et du poème, manifestent un engagement poétique et social fort : il s’agit de refuser de parler La Langue, celle des États, celle de la consommation, celle des identités. Pensons à « Un scénario qui ne sait à quoi se prétendre n°3 » (p. 14) qui, derrière l’esthétique du collage de textes publicitaires, révèle une volonté de se débattre dans la langue parlée et acceptée et capitalisée, et d’en sortir, souvent au moyen du sonore (« un sachet de sac de cachets » p. 17, ou bien le « xylophonème » p. 77).

Dans une poétique « mêlée », le livre de Christoph Bruneel cherche à s’inscrire en dehors des modes pour se colleter avec la langue : il suffit de noter, dès le début de En désordre, l’affirmation « nous ne vivons pas dans un mode [qui parfois devient « monde »] abstrait/dont le ciel serait découpé et recollé !! » (pp. 12-13).

Il s’agit dès lors de retrouver l’aspect concret du monde par la torsion sémantique, les collusions sonores, la truculence de la langue réinventée, afin de sortir des « modes » : sortir du paraître de la langue globale finalement acceptée, sortir également des modes au sens temporel du terme : En désordre s’écrit dans une langue qui ne correspond à aucune langue ni à aucune mode ou modalité littéraire, et qui pourtant intègre énormément de parlers et d’influences livresques pour confiner à un parler-monde : Une Babel, une Babel d’avant la pluralité des langues, comme nous l’avions déjà noté.

Car le livre de Christoph Bruneel rappelle à bien des égards certaines traditions littéraires : celle des Grands Rhétoriqueurs, celle du verbe « ogresque » et gigantesque de Rabelais (à l’époque où le français, lui aussi s’invente) ou, beaucoup plus récemment celle de certaines voix de TXT (où le français – et le poème du français – se réinvente, toujours avec truculence). L’auteur poursuit ainsi cet objectif d’atteindre une langue qui se veut inatteignable, car en perpétuel mouvement.

Ayant déjà beaucoup travaillé sur les poèmes de Ghérasim Luca, il m’a été permi de sentir en quoi les poèmes de Christophe Bruneel mettent en œuvre une langue qui – tout comme celle de Luca – devient véritablement « érotique » : il y a, dans En désordre, une frénésie de la profération qui confère à la frénésie érotique, pour finalement atteindre une pornographie (déjà annoncée par la couverture du livre) sonore et linguistique, une véritable orgie poétique, dans la fin du recueil. Car c’est le corps désirant, mis en mouvement par une langue désirante (langue = corps), qui permet d’abandonner la langue du quotidien pour ce qu’elle est : « échange horizontal, ouvert, intéractif et itératif/un vide itinérant qui vous submerge dans un virtuel/anéantissant toute idée » (p. 60)

Tel est le programme de Christoph Bruneel dans En désordre : délaisser la virtualité de la langue codifiée, pour atteindre la corporalité d’une langue babélique/bordélique capable de saisir le monde à bras-le-corps.

 

 

Yannick Torlini

 


 

 

27. xylophonème n°1

 

les quintes suintent, fuguent les figues, figent les fugues, fougassent clé dièse dieu ronéotapé père cul si on dit, nages suaves notes touffes d’herbes à cordes pincées le saint gauche de là, phasme aérien passeur de sons dans la densité humaine, neumes mélographes en plein champ de roulement de tambour à tifs arpèges de cils à zieuter le timbre blues jase le silo phonème dodécaphonique à tabla sutra mis à cordes sème à tous vents cuivres bois verre à souffle multilingue au prix de résonnances & réminiscences de vièle à viole d’amour, court à trappes de touches noires et blanches, échanges taxinomiques d’heurts et de pleurs jouissifs de profondis guttural et frugal, microtonalité en miroir du virginal à vergettes sauteuses de faux bourdons à muse y cale, mais, l’eau dit « coule toujours que je t’abreuve. »

extrait, p. 77.

 


Christoph Bruneel, En désordre : de la destruction de la langue & de la corruption du mot

Atelier de l’agneau éditeur

ISBN 978-2-930440-40-8

14 €

Atelier de l'agneau éditeur 

1 Moulin de la Couronne

33220 ST-QUENTIN-DE-CAPLONG

e-mail : at.agneau@wanadoo.fr

www.at-agneau.frhttp://www.facebook.com/pages/Atelier-de-lagneau-editeur/191018300968693


 

 


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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 23:44

 

 

 

CYCLE DE RENCONTRES POETIQUES PONTIFFROY-POESIE

Des poètes en Lorraine

Samedi 10 mars 2012, 16h-18h

Médiathèque du Pontiffroy

Place de la Bibliothèque, Metz

 


Dans le cadre du Printemps des Poètes Pontiffroy-Poésie propose de donner la parole à des poètes lorrains ou tout au moins qui vivent en Lorraine. Autour des animateurs de Pontiffroy-Poésie, Alain Helissen, Patrice Maltaverne et Vincent Wahl, neuf autres poètes de la région Lorraine seront invités à lire leurs textes, sur des thèmes de leur choix. Parmi ces poètes, certains liront ici pour la première fois en public.

 En raison du nombre important de participants cette séance débutera exceptionnellement à 16h.Entrée libre. Des ouvrages des poètes présents seront proposés à la vente en fin de séance.

Participants :

Alain Cressan

Né en 1971 à Loudéac, Côtes d’Armor. Vit à Maizières les Metz. A publié de la poésie et des essais critiques en revues : Action poétique, Ligne 13, CCP et Pension Victoria. Des livres : Duo de Felos, Tabouret (avec Claude Royet-Journoud) autoédition, Jeux (Contrat Main) et Sphère Volante (à paraître, éd. Amastra-n-Gallar). Il dirige la très discrète collection Ink (micro-édition).

Rodica Draghincescu

Née dans les années 60 à Buzias en Roumanie. Après des études supérieures de Lettres et une courte carrière d’universitaire à l’Académie Roumaine, son parcours est jalonné de bourses d’études et résidences d’écrivains. Elle a publié plusieurs ouvrages de poésie et des romans. Elle vit et travaille en Lorraine depuis plus de 5 ans comme assistante d’enseignement artistique.

Alain Helissen

Né en 1954. Vit à Sarrebourg. Co-fondateur de la revue FAIX. A publié dans plus de 60 revues ainsi qu’une vingtaine d’ouvrages. Parmi les plus récents : Le rappel des titres (Les Deux-Siciles (2008), On joue tout seul (Corps Puce, 2010), Acanthes (livre d’artiste avec Claude Ballaré, 2010) et 4 livres-boîtes d’allumettes (VOIX éd.).Co-anime le cycle Pontiffroy-Poésie. http://alainhelissen.over-blog.com

Jean-Louis Houchard

Né en 1947 à Dombasle, où il réside. Poète, écrivain. A publié une dizaine de livres (Le Castor Astral, Electre, Aencrages and Co, Voix éditions,)toujours avec des plasticiens. En tant que musicien improvisateur non –idiomatique (percussionniste)  a notamment collaboré avec John Cage, Akita (Merzbow), Humair, Bobillot, Parant… Initiateur de l’ouvrage collectif « Rencontrer John Cage » (Voix éditions).

Alain Jean-André

Né en 1947, vit aux pieds des Vosges saônoises. Poète, critique de littérature et d’art, animateur de la Luxiotte (www.luxiotte.net), il a publié 8 livres. Ses derniers titres en poésie, bilingues : Ulysse vagabond (2006), Entre Terre et nuages (2009), ont paru aux éditions En Forêt/Verlag Im Wald. Pour en savoir plus sur l’auteur, consulter : www.montagnesbleues.net

Patrice Maltaverne

Né en 1971 à Nevers.Vit à Metz . A publié des poèmes dans une trentaine de revues depuis 1990 ainsi que les textes suivants : Souvenirs d’une ville illégitime (Encres Vives, 2008), Faux partir (Ed.Le Manège du Cochon Seul, 2009), Prélude à un enterrement sur la lune (36° éditions, 2010). Anime le poézine Traction-brabant depuis 2004 (43 numéros parus) et co-anime Pontiffroy-Poésie.  Blog : http://www.traction-brabant.blogspot.com

Thibault Marthouret

Né à Vichy en 1981. Réside à Metz. Sa poésie a été accueillie dans une vingtaine de revues dont Contre-Allées, Décharge, Arpa, Verso, Pyro,Traction-Brabant. Lauréat de la bourse André Rochedy 2009 accordée par Cheyne éditeur, il vient d’achever un recueil intitulé En perte impureet travaille actuellement à l’élaboration d’un ouvrage hybride : A quelle peau s’avouer .

Eric Noël

Né en 1963. Auteur de L’impasse infinie (autoédition), Sept millions de rivets (éditions de la maison close), Contributions à la douceur des fins (inédit). Participe à la rumeur, elle participe de lui.

Yannick Torlini

Né en 1988 à Nancy. A suivi des études de lettres modernes et rédigé un mémoire sur Ghérasim Luca. Publié dans les revues Boxon, Ouste, Dissonances, Chroniques errantes et critiques, Doc(k)s. Il est l’un des membres fondateurs du collectif Tapages : http://tapages.over-blog.fr qui s’attache à explorer les relations entre corps, voix, langue et poème.

Philippe Vallet

Né à Pontarlier, vit dans les Vosges. Anime des ateliers d’écriture et de lecture. A publié un livruscule Interstice AREDIC ; en recueils collectifs, l’Instant à Foison, Sacré-Chœur, ViolenceEcrits.net. En revues : Les Citadelles, Traces, Encres Vives, Cahier de poèmes, Poésie Présente. Il est membre du comité de rédaction du site Francopolis.

Gilbert Vautrin

Poète marcheur, né en 1949 à la campagne près de Nancy. Se laisse interpeller par le Dehors. A publié trois livres, aux éditions Aencrages & Co : KWZ ; L’hiver un autre, De plain-pied. Se sent proche de la démarche du plasticien Hamish Fulton (« la marche est l’œuvre d’art ») ou du peintre Alexandre Hollan (« je suis ce que je vois »).

Vincent Wahl

Né à Strasbourg en 1957. A habité Orléans, Paris et Metz. A publié : Communauté des parlants (Cylibris), Œil ventriloque et Tous les râteliers ! (Rhubarbe) sur nos histoires avec la bouffe, et deux livres d’artiste : à plats/asecs (avec eOle) et De nos coques les claire-voies (avec Max Partezana). Co-anime le cycle Pontiffroy-Poésie.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:45

 

 

 

http://soundcloud.com/elfuegofatuo/le-le-le

 

 

 

Avec Clara de Asis pour la composition musicale et Laura Vazquez pour la voix et le texte.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 12:00

 

 

 

 

la cuisine ne suit pas de recette

la cuisine ne répète pas les savoir-faire

la cuisine continue d’inventer un rapport matériel à sa propre destitution

car cette cuisine ne peut appeler notre réunion que si en elle brûle l’institution des recettes et des savoir-faire

la cuisine n’est ni simple

ni élaborée

ni nouvelle ni traditionnelle

car les catégories mettent toujours de l’immangeable dans les bouches

de l’indigeste dans le ventre mou de l’époque

la cuisine n’est ni intégrée

ni désintégrée

car il faudrait alors présupposer un ensemble contraignant de normes

et un certain nombre d’éléments ordonnés selon les évidences de l’ergonomie

même s’il s’agit finalement d’en refuser l’expérience

ou d’en désorganiser les fins ou d’en détourner les propriétés

l’ergonomie n’a d’évidence que si l’on sait déjà quelles formes les corps peuvent prendre dans un agencement où seule leur passivité est appelée à triompher

défaire le confort de l’ergonomie

le détourner vers des formes d’inconfort

a pu paraître un temps suffire

quand il s’est agit de déplier sous la lampe ignoble de l’histoire les constructions complexes et les angles morts de l’humanisme

mais la lumière jetée dans le noir ne suffit pas à réinventer le jour

et passé le moment de la commotion devant l’étale cohérence des contradictions de l’humanisme

devant la plasticité de l’horreur jusque dans l’esthétisation extrême des formes de vie qu’elle induit

il ne peut suffire de renverser la table pour en terrasser la monstruosité

la monstruosité terrassée demeure la monstruosité

ni le constat ni le triomphe ne peuvent espérer ouvrir une liberté telle qu’elle se définirait sans l’aune du constaté et du vaincu

cette liberté dès lors ne saurait être libre au point de ne pas savoir qu’elle ignorance elle met au devant des hommes

dans l’anthropologique à venir

et non dans la crispation sur des prises critiques qui prennent plus qu’elles ne sont tenues

et qui font finalement le triomphe du vaincu en tant que vaincu

ce qui lui assure toujours un pouvoir total sur la réalité

car c’est lui qui tient la lampe et l’oriente

dans la cuisine

la politique de la chaise vide continue la politique des assis

l’absence l’abstention la tentation de l’abstraction les tractations avec le silence

demeurent de l’ordre de la chosité admise de la chaise

changer de point de vue sur les propriétés de la chaise ne peut se faire sans la persistance d’un point de vue plus ancien

et fermer les yeux produit une chaise plus chaise encore de n’avoir à susciter qu’un assoiement abstrait que la mémoire des gestes déjà gesticulés fait passer pour un universel 

 

dans la cuisine il s’agit à présent de s’asseoir sans chaise

sans même avouer le sans

ni la chaise

de manière à ce que la chaise ne puisse jamais se hisser jusqu’à la position de force d’une illusion découverte

laquelle sinon resterait efficiente et prégnante en sa plasticité dont chaque paire de fesses serait l’idiot utile et le silencieux complice

 

il y a dans cette cuisine

qui n’est pas une cuisine

des façons d’être nus qui n’exigent en rien l’invention de la chaise

qui n’auraient pu en nul esprit faire naître l’idée de chaise

des façons de corps qui n’en appellent

ni au repos

ni à la pose confortable des réunions avérées

ni à aucune forme déjà connue de face-à-face

ton corps nu dans la cuisine efface la cuisine

pour nulle alchimie

et n’exige nul ustensile

 

 

 


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