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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 11:51

 

 

13 janvier. – Rien n’est plus doux que d’écrire pour soi, la nuit tombée, à la lumière d’une lampe.

 

9 février. – Je vis à l’ombre du monde.

 

20 février. – La nuit m’enveloppe.

 

2 mars. – Rêve. – Je marche lentement le long d’une falaise, émerveillé par les rayons de lumière qui traversent les nuages, puis la mer, découvrant des rochers sombres que battent des algues.

 

12 mars. – Je vois à travers la nuit.

 

25 avril. – La lumière m’empêche de voir le monde.

 

20 mai. – Un ciel gris au-dessus d’un canal aux eaux sombres bordé d’arbres : voilà un paysage qui s’accorde avec ma mélancolie et la nourrit, voilà un lieu que je regarde avec une joie profonde et dont je me souviendrai avec délices.

 

24 mai. – La lumière me blesse et m’aveugle.

 

2 juin. – Je me suis tant éloigné du monde, que je n’en aperçois plus que l’ombre.

 

8 juin. – La lumière, l’eau, la pierre ne pensent pas.

 

24 juillet. – Je me rappelle précisément aujourd’hui, plus de treize ans après, la première fois où j’ai feuilleté les Mémoires de Saint-Simon. Ce moment a conservé dans ma mémoire toute sa fraîcheur ; il me semble que je pourrais regarder par dessus l’épaule de l’adolescent que j’étais alors, et lire avec lui, qu’était-ce donc ?, le début du portrait d’un comte, ou bien le récit d’une bataille ?, je ne le sais plus exactement. Ce dont je me souviens le mieux est la lumière, trop vive, qui éclairait la pièce où j’ouvris le volume, et l’agacement que m’inspira d’abord, dans les lignes que je parcourus (peut-être écrites au fil de la plume et jamais relues, à la différence des grandes pages si travaillées), le style heurté du duc.

 

28 août. – Je vis à l’écart de la lumière.

 

28 septembre. – La nuit est immobile autour de moi.

 

21 octobre. – Je ne peux m’empêcher, chaque fois que je travaille sous la lumière d’une lampe, de penser au Révérend Père Hopkins.

 


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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 12:38

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:23

 

 

je dis :

 

un matin dans la nuit un matin je dis toujours dans la nuit étirer l’impossibilité du matin du

 

matin dans la nuit étirer de chaque instant la nuit étirer étirer

 

étirer la voix + la pensée + le désir + l’attente d’un matin qui jamais dans la nuit étirer je deviens

 

je dis :

 

et trouver membres mains bouches respiration et trouver l’impossibilité du matin du

 

(membres mains bouches respiration)

 

quotidien (dans la nuit) infinitif présent recommence et recommence infinitif quotidien si

 

j’avance l’idée qu’il n’y a pas d’idée j’avance l’idée qu’il n’y a pas d’identité

 

sinon un battement (temps corps sang poumon désir)

 

infinitif

 

(temps corps sang poumon désir)

 

un battement infinitif (quotidien de) un battement qui est mouvement de la pierre au plus profond un battement

 

infinitif

 

de la pierre un battement dans la nuit de la pierre un battement dans la nuit nous bouffe

 

dans l’idée d’un battement qui est l’idée contre la douleur de l’hiver quarante heures par

 

semaine quarante heures à résister quarante heures dans l’impasse qui se veut une route traverse

 

je dis :

 

contre la douleur et l’angoisse

 

l’impasse d’être traverse et résister

 

de part en part l’idée de corps est une idée traverse os et tripes os et oxygène traverse

 

corps dans traverse un battement une nuit un battement chiens crevés un battement traverse

 

un battement qui est l’idée

 

de part en part sang sperme et sueur vivre l’impasse des jours expulsés expulsés expulsés de et

 

expulsés sommes chiens dans le froid chiens dans l’hiver crevés chiens crevés expulsés

 

je dis :

 

de part en part

 

un battement de part en part

 

des jours répétés impasse chronologique disparition chronique impasse quarante heures quarante heures par semaine

 

impasse du vivre

 

quarante heures et des poussières s’amassent sang sperme et sueur la nuit sans fin ni

 

(quarante heures quarante et des poussières)

 

commencement la douleur et l’ennui quarante heures sans idée sans corps

 

sans papiers

 

sans vouloir

 

je dis :

 

l’étrange étrangèreté des nuits puis des matins sans toits je dis l’étrange étrangèreté

 

à crever de faim de froid de silence et d’oubli surtout d’oubli surtout d’oubli à en crever

 

(quarante heures par semaine sommes poussière quarante heures)

 

sommes poussière

 

à crever dans la fin d’une fin quarante heures une civilisation à crever une civilisation qui est une fin

 

dans sa langue morte qui sa langue pas ma langue pas notre langue de sans-papiers sans langue

 

je dis :

 

nous sans-papiers à la recherche d’une malangue (au fond de au fond de cette décivilisation au fond de)

 

quarante heures la faim à recommencer quarante heures oui de part en part un battement

 

quarante heures crever puis recommencer langue et corps (identité) recommencer

 

identité

 

qui est l’idée d’une idée d’une idée qui

 

est mouvement impossible mouvement nécessaire mouvement nécessaire mouvement

 

nécessaire mouvement hors de

 

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 23:43

 

 

Je vous adresse ce message collectif qui fait suite à celui envoyé le 6 juin dernier. D'une manière où d'une autre vous avez manifesté de l'intérêt pour ce questionnement,

mais si ce message vous importune et si vous ne souhaitez pas être tenu informé de la suite (si suite il y a), faites-le moi savoir.

 

Pour rappel, j'interrogeais, le 6 juin, l'absence de réel statut de l'écrivain en France : un statut qui n'obligerait pas l'écrivain à cette "condition littéraire" qui lui impose une autre activité (salariée, un second métier en somme) et/ou des activités annexes (péri-littéraires, disons).

(A ce stade, je me permets d'emprunter à Bernard Lahire le titre de son ouvrage "La Condition littéraire", parue en 2009 aux éditions La découverte, enquête sociologique interrogeant les conditions de vie des écrivains et d'exercice de leur activité d'écriture.)

 

Aujourd'hui, je tente d'effectuer un recensement des nombreuses réactions alors reçues  (réactions courrielles, téléphoniques ou de discussions directes).

 

Trois grands types de réactions :

 

1) Une satisfaction devant cette "condition littéraire" :

 

Un certain nombre en effet exprime une forme de satisfaction, mais aussi d'acceptation de cette "condition de l'écrivain.

Un certain nombre aussi se disent absolument hermétiques/épidermiques à l'idée d'un statut, en ce qu'il serait la mise en place d'un art institutionnalisé/art d'état.

Notons là qu'il est peut-être nécessaire d'interroger plus avant les écrivains sur leur degré de satisfaction et sur leurs désirs quant à cette/leur condition,

d'ouvrir ce questionnement en amont à toute recherche/élaboration d'une autre "condition littéraire".

 

2) Une insatisfaction quant aux conditions de mise en oeuvre de cette actuelle "condition littéraire" :

 

Un état des lieux qui laisse entrevoir tout de même des dysfonctionnements

- dans notre relation avec les éditeurs (on peut voir à ce propos l'enquête menée en mars dernier par la SCAM et la SGDL sur les relation auteur et éditeurs) : difficultés d'obtenir une réédition des comptes, d'obtenir les droits d'auteurs, absence d'à-valoir...

- dans notre relation avec les programmateurs d 'événements littéraires (manifestations, lectures ou performance ponctuelles...) : relativement à un prix de prestation très élastique et ne tenant pas en compte le travail en amont

Mais aussi par des dispositifs insuffisants d'aides directes aux auteurs, disparates d'une région à l'autre en France, en matière notamment

- de résidence,

- de bourses.

 

Un état des lieux qui laisse aussi entrevoir :

- des problèmes importants de diffusion des écritures actuelles,

- un manque flagrant d'enseignement des pratiques actuelles d'écritures.

 

 

3) Déjà, des pistes de réflexions / de recherche d'une autre "condition littéraire", de ce que j'ai appelé un réel statut social de l'écrivain :

 

Deux idées à ce jour semblent se détacher :

- un travail d'extension du statut de l'intermittence à l'écrivain

- un travail de mise en parallèle du statut du chercheur et de celui de l'écrivain (judicieux aussi et surtout si l'on se place  à cet endroit de la recherche littéraire).

 

Notons toutes les difficultés, inquiétudes, réticences qui s'expriment à propos des critères de sélections/d'attribution, et de contrôle de cet éventuel statut.

 

Je tiens à indiquer la grande diversité des provenance de ces réponses : venant d'écrivains qui, certes sont tous concernés de près où de loin par la poésies,

mais qui en sont à des stades tout à fait différents de visibilité/diffusion de leurs travaux d'écritures.

 

 

A ce stade de réflexion, il me semble nécessaire d'effectuer :

- une recherche sur l'histoire de cette condition littéraire en France : le statut de l'écrivain a-t-il été interrogé lors de la mise en place du statut de l'intermittence par exemple ? A-t-il existé des moments de revendication de cette" condition littéraire" ?

- une recherche sur la condition littéraire dans d'autres pays.

- une recherche très technique sur le statut de l'intermittence, afin d'imaginer quelles seraient les conditions d'extension de celui-ci aux écrivains

- une recherche sur le statut du chercheur sur la "condition de la recherche", afin d'imaginer là encore quelles seraient les conditions d'extension de celui-ci aux écrivains (a la recherche littéraire).

 

 

 

Enfin, et pour finir, s'il s'agit de réfléchir à une autre "condition littéraire" à construire,

à l'heure où les pratiques artistiques subissent des assauts de toutes parts (voyons ce qui est proche : les tentatives actuelles de modifications du CNL)

à l'heure où l'individualisme se fait de plus en plus flagrant au sein même de nos pratiques artistiques et d'écritures, un individualisme faisant de nous des concurrents en compétition les uns contre les autres,

 

pouvons-nous imaginer un travail collectif sur ces questions ?

 

Quelle forme cela peut-il prendre ?

 

 

à vous lire et / ou à vous entendre / et ou à se voir

 

Franck Doyen

 25 Grande Rue

54760 Armaucourt

06/45/56/31/24

fra.nck.doy.en@free.fr


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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 12:20

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:19

L’homme a touché surtout dans son malheur L’homme surtout a tant touché Il s’est touché lui-même non Mais l’homme a touché rien surtout l’homme a touché rien Il a tout touché non Mais l’homme a voulu toucher surtout L’homme a eu le désir surtout  de toucher non si fort L’homme s’est déchiré non L’homme a surtout voulu toucher Il a tant voulu toucher surtout Il voulait toucher L’homme rien voudrait pouvoir toucher Il voudrait bien rien pouvoir toucher Il aurait bien voulu rien pouvoir toucher Il aurait voulu pouvoir rien Il aurait aimé pouvoir surtout l’homme qui a touché Mais l’homme n’a pas surtout touché mais l’homme n’a rien touché  surtout

Ses mains n’ont pas rien effleuré Ses mains n’ont pas rien embrassé Ses mains n’ont pas surtout tâté surtout tâtonner surtout ses mains se sont endormies rien tout de suite Tout de suite l’homme non Mais l’homme a voulu non L’homme a voulu rien toucher Il voulait toucher rien Il a presque touché Presque il a presque touché surtout Mais oui l’homme a presque touché Il était sur le point de surtout toucher Il était tout à fait non sur le point de toucher L’homme était si près non du toucher Mais rien l’homme est un homme Mais rien l’homme est un homme L’homme et aussi l’espoir surtout de tout comprendre non et de tout aimer L’homme a voulu toucher non Il a senti le toucher il a bien surtout senti la force de pouvoir toucher Il a surtout bien senti Il a bien cru sentir surtout Il a bien cru pouvoir l’homme et l’homme rien a bien cru toucher et l’homme rien a touché oui l’homme a rien touché rien mais il n’a rien touché l’homme rien n’a rien touché il ne s’est pas touché lui-même surtout non il ne s’est pas aimé rien surtout mais l’homme n’a pas pu toucher surtout il n’a pas pu il n’a pas su toucher surtout l’homme n’a jamais eu la possibilité de toucher quoi que ce soit l’homme non rien n’a évidemment rien toucher non Oui bien sûr non l’homme n’a pas touché non Certainement aucun homme n’a pu l’homme surtout n’a même pas touché le vide non rien il n’a rien touché surtout non l’homme non n’a pas touché il n’a rien touché rien Mais l’homme a voulu surtout il a voulu et l’homme est voulu surtout il est voulu car il voudrait non et c’est bien qu’il est voulu dans son grand désir rien et l’homme ne touche à rien il reste ici silencieux surtout et surtout  mélancolique surtout non  dans un appartement de la ville surtout  l’homme ne touche à rien non son corps n’a jamais touché non ses vêtements son corps ne touche pas l’eau non plus qui le lave il ne touche pas ses propres excrétions non plus l’homme ne peut pas se toucher surtout il ne touche pas les autres hommes ou son café au lait non plus ou le journal surtout les autres hommes ne se touchent pas rien n’a touché personne et personne n’est touché par personne car personne n’est touché par rien et l’homme est comme un gros bloc de pierre gris surtout si présent qu’il ne se touche pas lui-même rien il ne touche ni le sol ni le ciel rien ni le ciel rien ni lui-même

 

Dans l’expérience de l’amour dans l’expérience des corps dans l’expérience de la création dans l’expérience de la guerre dans l’expérience de la passion dans l’expérience du sang dans l’expérience de la domination dans l’expérience de la construction dans l’expérience de l’espérance dans l’expérience de l’aspiration dans l’expérience de la certitude dans l’expérience de l’autre dans l’expérience de chaque rivière dans l’expérience de toute montagne dans l’expérience de l’oreille ou de la langue l’expérience d’une parole dans l’expérience de l’effort

 

L’homme n’a jamais rien touché

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:11

            

 

 

Il y a une façon particulière d’aborder Une phrase, juste. En effet, cette dernière œuvre de Denis Ferdinande, parue chez l’Atelier de l’agneau éditeur, n’est pas réellement un livre en soi, car le livre conventionnel – mais doit-il exister, ce livre conventionnel ? – présuppose un début et une fin, un propos qui va de son commencement jusqu’à sa conclusion, en passant par un développement. Non, Une phrase, juste, n’est pas un livre consensuel, mais une phrase, juste, juste une phrase, en suspens, sans fin, à ne jamais finir.

Denis Ferdinande fait ainsi le choix de l’infini : l’inachevé (ce qui ne doit pas être achevé), ce qui a un commencement mais pas de fin, dans une optique presque métaphysique : il s’agit de sortir du ressassement des phrases par l’étirement d’une phrase infinie, une phrase juste infinie, en rupture avec la linéarité de toute syntaxe normée. C’est alors, grâce à l’éclatement du propos, à la dissémination du sens, par un jeu de ruptures et de continuités, que la phrase deviendrait vraie, véritable, explorant tout, ne se figeant dans aucun cadre.

Cette phrase, Denis Ferdinande ne la voit pas comme une adhésion au monde, cette « branloire pérenne » dont parlait Montaigne, mais comme une traduction de celui-ci, de ses infinis mouvements : le déroulement de la phrase est le déroulement du temps :

 

« cet écoulement serait selon lui celui d’une phrase qu’il aura rêvée un jour, similaire à cet écoulement par lequel s’écoule soit dit en passant aussi le temps, d’une phrase susceptible ou non d’être ponctuée, mais quoi qu’il en soit privée du point que l’on peut en attendre parce que sans cesse retardé, » (p. 13)

 

mais également le déroulement de la vie :

 

« un point, qu’advienne un point, tel corps implore puis las d’implorer décrète qu’il faut un point, en raison du caractère invivable de la phrase or aussitôt le décret s’effondre, le point équivalant au meurtre de la phrase, la phrase doit vivre encore murmure la totalité sauf un des corps en présence » (p. 16)

 

Mettre un point à la phrase reviendrait ainsi à accepter qu’il y ait une fin à l’univers (l’univers qui est la phrase, la phrase qui devient l’univers). Car, tant que quelqu’un pourra parler, le monde ne s’arrêtera pas : l’optique de Denis Ferdinande est ainsi de remettre la phrase au centre du monde, de faire en sorte que la phrase, plus qu’une traduction du monde, devienne le monde à elle seule : qu’elle ne soit pas « un seul déversoir des pensées mais replacée au centre du monde, logocentrisme bien sûr, que saurait-on mettre d’autre, au centre, y compris si dieu s’y niche antérieur, lui et les langues » (p. 22).

Cette langue et cette phrase, hantées par un dieu absent qui, de ses quatre lettres, « ne couvre pas l’ensemble des lettres » (p. 50), développent une transcendance en creux, portée par l’esthétique et la linguistique du rêve : c’est, semble dire Denis Ferdinande, le rôle de toute poésie de tenter de développer sa propre transcendance, à la fois au cœur de et hors du monde, dans et hors la langue, où tout ne peut être que répété :

 

« les propos qui se tiendront ont déjà été tenus, les geste qui s’effectueront ont déjà été effectués, » (p. 81)

 

 

Une phrase, juste, n’est ainsi pas un livre, mais une tentative de sortie du livre, une tentative de dépassement de toute chose, afin de retrouver le caractère imparfait, infini – et donc vivant – de la langue.

 

 

                                                                                                Yannick Torlini

 

 

Denis Ferdinande, Une phrase, juste, l’Atelier de l’agneau éditeur, 2012.

Avec une préface de Noémie Parant.

14 €

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:51

mars t’achèvera comme il t’a commencé sans doute. mars t’achèvera à la racine le matin poursuivra coquille vide mars, sans doute, dans le titube, tombe, titube ne relève pas. la certitude d’être mucus du vivre d’être. poursuivra. ce matin nous recrachera camarade. ce matin nous expulsera vers l’effort recommencé à l’escalade de l’inutile, de l’abandon, du toujours. du toujours. du toujours. ce matin nous verra. nous crèvera avec nos certitudes.


les années ont filtré dans ton sang mais.


ne prends pas la forme de ce. ne prends pas la forme de qui. ne prends pas la forme de ta déformation de ce qui. dans le sillon du désastre encore ce qui : à la percée de l’air, à la gangue de la langue, au dedans des dents, du de dans ta bouche rien ne sort ce qui. dans il faudra bien, camarade, dans sortir, pour finalement dans rentrer (usine, champ, atelier, terre, erre, home sweet home). il faudra bien camarade, un jour, en dehors du temps : t’asseoir et attendre que. ça recommence.


ce matin nous baisera avec la grêle.


un jour. recommencé dans : tes pâtisseries de sang tes pâtisseries, la caillasse qui jusque dans ta tête (irrigue), et le mouroir des pinsons à l’escalade du jour tu. ne cesses ne cesseras : chaque année, chaque instant, chaque effort tu.


camarade, ce vide : tu façonnes (te désosse : ce vide dans). au jamais sans lumière, désosse, ta désolation, ce peu d’heures, de tendons, parcours. ta désolation de : corps, pelle, pioche, hache. ta sueur irrigue, calcifie l’avril attente. stagne ton sang.


pas plus loin que ta cage, rageuse thoracique exténuation du. geste + sueur + geste + souffle + sueur + attente rageuse, exténuée, rageuse lointaine jusqu’au sang. jusqu’au sens de ce qui. exténue, la gorge. ténue. tenue. aux vents contraires (de) ta voix : dans le silence qui. jusqu’au sang, songe camarade au renflement de. à la blessure de. ta résignation exténuée ta. songe.


encore + encore + encore + vis + creuse + réveille + arrache + trace + fatigue + essaie + abandonne + reprends + arase + sillonne + coule + accélère + brise + plante + encore + encore + encore + encore +


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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 21:44

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 00:00

 

 

 

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