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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 18:51

 

 

La poésie permet de belles rencontres. C’est en demandant son avis sur Tapages à Alain Marc que nous avons commencé à parler de son manifeste   « Une poésie publique est-elle possible », avec élan et intérêt. Avec son accord, nous reproduisons ici cette série de réflexions prises sur le vif :

 

 


 

JDL : Voici Tapages, site de poésie contemporaine qui axe sa réflexion sur le poème « en corps en action ». J’ai vu que vous aimiez et défendiez la poésie aussi j’aimerais vous demander votre avis sur ce site et ces textes afin que nous puissions sans cesse aller plus loin dans notre recherche.

 

 

AM : Très bons sentiments de début (J'aime tout particulièrement « Poésie terroriste », « Cri du poème » et « Traduction par JD Lemarié »). De mon côté je porte cela à votre connaissance (« Une poésie publique est-elle possible ? »). J’y trouve, dans vos textes (de Tapages), un même élan, celui qui me portait à cette époque. Mais cela est personnel.

 

Une poésie publique est-elle possible - Alain MARC

  liens :

http://artisfacta.60.free.fr/actions.htm#PoesiePublique

http://alainmarcecriture.free.fr/poesiepublique.htm 

http://www.arteradio.com/son.html?615847

 

 

JDL : J’ai lu. À chaud, il y a quelques points sur lesquels je ne serais pas forcément d’accord. Notamment par exemple sur les textes avec des jeux de mots. Mon premier recueil employait beaucoup ces procédés, Je pense que cela passait assez bien (peut-être grâce au rythme très chantant, léger…) et que cela apportait à la profondeur du texte, sans pour autant larguer complètement le lecteur. Je ne sais pas si cet aspect est à proscrire…

 

 

AM : Cela avait fait pas mal de bruit, à l’époque : beaucoup de réactions hostiles ce qui me fait dire que quelque chose, là, est touché chez le poète (mais plutôt le mauvais, même s’il est “connu”, c’est-à-dire celui qui poursuit l’insipide et le convenu, comme ses prédécesseurs, comme surtout, l’idée qu’il se fait de la Poésie, de celle qui lui permettra d’accéder à ce si peu de reconnaissance de ses pairs – « Ah, il écrit comme nous, il est des nôtres ! »…).

 

J’ai écrit ce texte pour avancer ce qui me mouvait, contre surtout, à Pierre Dubrunquez, qui devait ouvrir un dossier sur la poésie publique, qui l’a fait si peu et surtout, sans ce jeune poète que personne ne connaissait (et donc est tombé dans le fade) ! Jean Rousselot, que j’ai cité, s’était surtout brandit contre, tout comme pas mal de poètes (souvent pas bons…), à sa suite. J’ai même eu le sentiment, par le directeur de ladite revue (pas bonne non plus d’ailleurs, qui me fit un peu plus tard refuser absolument toute revue publiant certes de bons auteurs, ou en parlant, mais avec une kyrielle de forts mauvais par derrière et plutôt par devant d’ailleurs, poètes amateurs souvent), d’avoir été floué qui après un premier accord, a complètement détournée mon propos en essayant de le ridiculiser des commentaires de ses copains et publiant le tout sans rien m’en avoir pré, venu auparavant. Mais quand je relis ce texte aujourd’hui (« Une poésie publique est-elle possible ? ») je sens bien que certains termes sont un peu trop directs et peuvent ainsi aussitôt dévier l’en face à son opposé. Il est évidemment sûr que je ne prône pas une poésie fadasse au seul argument qu’elle va se vendre. J’y adjoins aussitôt la notion de cri, concomitante toujours dans ma démarche (et là je rejoins votre dernier message de ce matin). Mais je pense que le laisser en l’état permet aussi, justement, de garder le cri et de susciter toute sorte de réactions aiguës. Ce qui me plaît assez pour finir.

 

Quant à votre texte j’ai envie de vous dire : s’il est bon, s’il parle, je suis entièrement d’accord. Vous avez compris maintenant, arrivé à ce stade du débat, quelle poésie était visée dans mon apostrophe. Toute poésie hermétique, seul jeu sur la langue ou le ciel. Ce qui ne veut pas dire que je refuse toute poésie élevée, loin de là. Mais seulement la bonne (fuyons aussitôt tout discours qui chercherait à s’esquiver en s’engouffrant dans cette notion de “bonne poésie”…), celle qui parle. De très bons poètes dans ce domaine m’émeuvent : ce que je fuis, comme la peste (Artaud), ce sont ceux qui suivent bêtement et beaucoup moins bien les Grands.

 

Je ne prendrais qu’un dernier événement pour appuyer en final mon propos : la récente journée rencontre des « Géants » (Bonnefoy, Deguy et Bernard Noël) de la Maison de poésie de Paris du 7 janvier dernier où dès qu’ont été abordées les questions de l’utilité de la poésie, ou de son impact dans le monde qui l’environne beaucoup de bêtises ont été avancées. Comme que c’était justement parce qu’écrire un poème ne servait à rien qu’il était bon d’en écrire un, que cela seul justifiait son acte. Comme, encore, que la poésie se portait excellemment, puisqu’on demandait tous les jours à certains de rédiger une préface, d’accorder un entretien. Il a même été avancé l’argument de la présence tous les ans du Printemps des poètes… Alors que seul Bernard Noël avançait l’argument du délitement depuis plusieurs dizaines d’années de la poésie ! Et que la question de Jean-Baptiste Para axée sur le temps accéléré de notre époque, pourtant posée avec insistance, et de la nécessité peut-être de la poésie de s’y accoler, fut passée totalement sous silence par nos protagonistes !

 

Tout cela fait quand même réfléchir non ? Tout du moins pour les gens qui savent, justement, réfléchir…

 

 

JDL : J’aime beaucoup votre réflexion sur le cri. Cela me touche et m’émeut, le cri est bien souvent au cœur de notre travail.

 

 

AM : J’allais justement vous aiguiller sur mon paragraphe « Contre la forme » d’Écrire le cri, afin de vous répondre, aussi, sur la question de l’écriture de la poésie face à ma poésie publique. Tout un programme, vraiment.

 

Mais pour vous répondre plus précisément encore : pour moi, il n’y a aucune différence entre l’écriture du cri et la poésie publique…

 

 

JDL : J’ai réfléchi un peu depuis et je suis plutôt d’accord avec vous. Je viens de lire une dizaine de recueils de poèmes différents à la bibliothèque : il est évident que plus de la moitié peuvent paraître incompréhensibles. Au final, j’écris, sans le faire exprès, comme vous le préconisez, il me semble. Mon recueil en cours d’écriture n’emploie que des mots simples, presque toujours les mêmes, qui reviennent comme un code. Il suffit de faire attention à chaque mot pour comprendre chaque poème. Je pense comme vous que la « poésie publique » est possible, et qu’elle n’a pas besoin, pour exister, de perdre de sa profondeur (c’est d’ailleurs ce que j’ai ressenti en lisant L’inadéquat de Florence Pazzottu, par exemple, ou même Bernard Noël qui n’est pas hermétique tout en étant puissant).

 

Il me semble pourtant que vous parlez de deux choses différentes dans ce texte sur la poésie publique, d’une part de la diffusion des œuvres, d’autre part de l’écriture même de ces œuvres.

Pour ce qui est de la diffusion, il n’y a pour moi aucun problème, c’est d’ailleurs ce que nous faisons et défendons avec Tapages.

Pour ce qui est de l’écriture, vous préconisez la « lisibilité », l’absence de jeux de mots comme symboles de l’hermétisme, et le traitement du « quotidien » dans les thèmes, plus particulièrement. Et l’écriture du cri (plus important). Cet aspect du manifeste, allié à la volonté que tout le monde écrive de cette manière (c’est la volonté de tout manifeste), me fait me poser quelques questions.

Je me demande d’abord s’il n’y a pas un petit risque d’uniformisation ; il faut, certes, unir les poètes, mais peut-être pas au niveau de l’écriture elle-même. Cela m’a amené à une deuxième remarque (je vous retrace le cheminement de ma pensée) qui est de dire que je vois le problème à l’envers. En effet, il me semble que ce n’est pas à la poésie de se simplifier mais aux lecteurs d’apprendre à la lire (pas seuls bien sûr, mais que des moyens soient pris dans ce sens). Vous dites que la poésie « doit quitter la beauté » (voir le blog ouvert), je pense qu’elle l’a déjà fait depuis longtemps pour se tourner vers la vérité et je me demande si cela ne serait pas trahir la complexité du réel, complexité qu’essaye de rendre compte une poésie peut-être plus élitiste, que de simplifier le discours poétique. J’aime beaucoup Godard (j'en profite pour signaler  le mémoire de Julien d'Abrigeon ), cela me fait penser à lui. La poésie agit comme un contre discours, mais un contre discours de l’être, un contre discours « initiatique ». Parfois le chemin vers la compréhension est plus intéressant que la compréhension elle-même. Je ne sais pas si c’est rendre service aux gens que de dénaturer l’essence de la poésie pour la rendre plus accessible. Néanmoins, je sais que ce n’est pas votre but, il y a le cri ! Mais enfin je m’interrogeais un peu, en tirant les choses par les cheveux… J’espère que vous ne prendrez pas pour vous ces pensées qui divaguent au grès d’un sujet qui m’intéresse profondément.

Je continue. Je me demande aussi si la poésie est faite pour l’espace publique. Certes, elle tend vers cet espace, elle interroge la vie et en cela elle mérite qu’on en débatte bien sûr, mais, et je pense encore un peu à Godard, la poésie a toujours été marginale : si la poésie accède à la reconnaissance et à la parole, ne risque-t-elle pas de devenir un discours comme un autre, ne risque-t-elle pas de perdre sa force subversive ? Et une autre poésie apparaîtra contre le discours dominant de la poésie publique et tout recommencera… C’est maintenant que je conçois peut-être toute l’ampleur de votre projet qui, de ce point de vue, chercherait à casser ce mouvement sempiternel de la poésie qui se bat contre la poésie.

J’arrête là toutes ces interrogations, je suis probablement parti un peu trop loin et je ne dois plus être très en phase avec votre projet initial. Dans tous les cas, il a le mérite de me faire réfléchir.

 

Juste un terme qui m’a gêné dans le texte de poésie publique, c’est le terme « communiquer », la poésie pour « communiquer ». Je ne sais pas encore trop comment argumenter mon point de vue mais je ne suis pas d’accord sur cette fonction, je me reporte au texte de Sartre sur les poètes : « le poète s’est retiré d’un seul coup du langage-instrument ».

 

 

AM : Sur le mot « communication » –

Vous avez tout à fait raison. Je crois que j’ai eu deux colères. La première, se concentra sous les deux mots de « poésie publique ». La deuxième, sous ceux d’« écriture du cri » (c’est pour répondre aux nombreuses inepties sur mes « poèmes à dire et à crier » – dont la Poitrine étranglée, Méta / mor / phose ?, Solitude et le Monde la vie sont parus aujourd’hui – que j’ai écrit Écrire le cri). Le mot de « communication » est donc une colère. Le mot de « communication » est donc excessif tout comme est excessif la position les, positions, des poètes en général sur la relation de la poésie et du public. Oui, la poésie s’adresse à un public. C’est une ÉVIDENCE. Oui, la poésie est faite pour un public oui, on écrit de la poésie pour être lu. Et non « c’est au public de venir vers la poésie ». Et non « la poésie est inutile » (qui ne peut être, toujours, qu’un stratagème, qu’un slogan qu’une pirouette, pour mieux se montrer mais dénuée de sens véritable autre que de politique littéraire). Un peu comme les manifestations des surréalistes. « Communiquer », écrire « communiquer » alors, était simplement vouloir ramener du sens dans une poésie qui prenait un malin plaisir à la quitter. La suite de l’histoire m’a paradoxalement donné raison puisque l’on peut même le lire avec une revue comme Po&sie. Qui en gros depuis la fin des années 90, c’est-à-dire juste avant l’an 2000, s’est mise à publier des textes qui jouaient beaucoup moins sur l’unique langue. C’est pour cela que j’ai toujours fui toute poésie qui œuvrait dans la seule langue (mais je ne suis pas le seul, loin de là, je prendrais le seul nom d’un Franck Venaille), qui le montait au sommet, même si un jour j’ai rencontré la poésie visuelle d’un Pierre Garnier. Sauf que l’on comprend plus cette dernière, à l’aune de sa poésie linéaire, que sa poésie visuelle se met alors à prendre tellement de sens qu’elle quitte le seul travail hyper moderniste pour entrer dans l’humain.

 

Sur l’« uniformisation » de l’écriture – Non pas tous écrire le même poème, mais un poème qui ne soit pas destiné aux seuls poètes.

 

Tout le reste – tous les autres points – est affaire de jeunesse. Mais que je ne veux corriger aujourd’hui : les choses sont bien trop belles quand elles sortent du cœur et qu’on les laisse dans leur expression d’origine. Car il s’agit bien d’un cri.

 

 

 

 

propos recueillis par Jean-David Lemarié


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commentaires

how to stop snoring 11/03/2014 06:25

I think this concept of Public poetry is definitely a possible one and I had really enjoyed this article, which tells about Alain Marc new concept of having a public poetry. I have also visited the link that has been shared here.

Alain Marc 18/08/2011 17:54



Beaucoup de conneries dans ce que dit dh, à commencer par la confusion entre poésie et chanson, poésie et théâtre, etc. ! Quant au qualificatif de marxiste… (en plus, qui ferait bien de
revenir celui-là, afin de clouer le bec à tous ces voleurs qui mettent la planète à feu à sang et dans la misère et la souffrance…) ! La poésie n’est pas assez présente : est-ce dû à la
poésie, au monde qui l’entoure ? Vaste question, débattue par les plus grands : Deguy, Meschonnic, et autres et autres et autres (et même, oui, Prigent). Quand j’ai commencé à écrire,
de la poésie – je rappelle quand même qu’il n’y avait pas Internet à ce temps-là… -, n’était présentée qu’une poésie poésie, poésie ésotérique, ou seul jeu sur la langue, qui se complaisait à
parler aux seuls esprits les plus hauts. Ce qui me choque dans les propos de dh, c’est qu’à aucun moment il n’est question de poètes comme Antoine Emaz, ou un peu plus en arrière, Dominique
Grandmont, ou William Cliff, ou. Vision bien étroite de ses seuls goûts et, ce qui est bien plus grave, avancés comme étant la seule poésie existante et valable… dh parle bien trop vite, et sans
lire et réfléchir en profondeur. Il réagit comme un jeune chiot et saute sur tout ce qui bouge. Employant le vieux stratagème du « monsieur » pour désigner ce qu’il croit être son
adversaire, stratagème, malgré son propos sur la nouvelle poésie, vieux de plus d’un siècle… ! dh sait-il pour ne prendre que ce dernier ponit, que j’ai toujours porté mon attention à toutes
les expressions contemporaines des différentes disciplines artistiques. Réfléchissons, et un peu de sérieux avant de dire n’importe quoi.



Alain Marc 17/08/2011 13:54



Afin de réfléchir sereinement à la chose...


http://www.facebook.com/group.php?gid=73530165710&v=info


et


http://www.facebook.com/group.php?gid=73530165710&v=wall


 



denis hamel 01/03/2011 10:29



 


yannick,


Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on
doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la
perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des
dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines
et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail
de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.



Tapages 01/03/2011 15:28



Denis, je ne cherche absolument pas  à changer ta conception du poème, simplement, je pense que tu te plantes sur la signification de "performance". La performance n'a rien à voir avec le
rendement, les impératifs quels qu'ils soient, marchands, spectaculaires ou autres.


La performance, c'est ce qui se rapproche le plus de ce que l'on appelle "acte performatif" en linguistique : dire=faire. Dans la performance, le poème devient action, le mot devient réalisation.
En gros, le poème passe dans la vie, et non plus dans la théorie. Enfin bref



denis hamel 24/02/2011 15:23



yannick, sans vouloir raconter ma vie, j'ai commencé à lire de la poésie en 1995, et j'ai toujours mis un point d'honneur à être le plus eclectique possible dans mes choix. dans ma bibliothèque
on trouve aussi bien burroughs ou tarkos, que trakl ou ponge ou victor hugo... alors quand tu me parles de "pré carré", je ne me sens pas concerné. simplement ce qui compte avant tout pour moi
c'est le plaisir de la lecture. si un auteur m'ennuie, je ne le garde pas, serait il le super gourou de l'avant garde passée ou à venir.


pour ce qui est de dada ou de fluxus, ça ne me parle pas car il s'agit d'écoles et de courants artistiques. c'est peut-être interessant pour l'histoire de l'art, mais moi je ne m'interesse qu'aux
individualités. donc par exemple duchamp ou cage, oui ok, mais pas le cirque qu'il y a autour. pour ce qui est du lettrisme, isou est sûrement une personnalité hors du commun et un grand
théoricien, mais j'ai du mal à appeler ce qu'il fait de la poésie, pour moi ça serait plutot une sorte de musique concrète. enfin bon je n'ai pas la prétention d'être exhaustif, ça ne m'interesse
tout simplement pas.


juste une anecdote à propos d'heidsiek. j' ai assisté il y as quelques moi à un débat réunissant heidsiek prigent et baubillot à la maison de la poésie. ils ont aussi fait chacun des lectures.
c'était peut être interessant sur le plan historique, mais tout ça était tellement guindé et solennel qu'on se serait cru à un  débat de théologie. et une chose surtout m'a choquée : en
1h30 de débat sur l'histoire de la "nouvelle poésie" le nom de luca n' a pas été prononcé une fois, pas une. alors qu'ils ont abondament glosé sur des gens comme chaton. bon, chacun se s gouts,
comme on dit.


tu dis "La parole, la langue, c'est avant tout
le corps". alors oui, on peut dire ça : c'est vrai que l'oralité est apparu avant l'écriture, et c'est vrai qu'on ne peut concevoir de langage sans un corps pour l'exprimer. disons que quand je
lis un poète, je recrée son oralité à l'intérieur de ma lecture, et je n'ai pas besoin q'un type monte sur une scene et prenne un micro pour me faire comprendre ce que je doit entendre. à mon
sens c'est une erreur de séparer comme tu le fais lecture et oralité, les deux sont liés et ne vont pas l'une sans l'autre. la vraie différence c'est que la lecture est un plaisir solitaire,
individuel, alors que la performance en publique prétend toucher plusieurs personnes à la fois.


dh



Tapages 24/02/2011 18:46



je ne sépare absolument pas lecture et oralité ! au contraire, je crois qu'il existe une écriture de l'oralité (et même de l'oralité silencieuse qu'est la lecture solitaire). Cependant, je crois
que des textes tels que ceux de Pennequin, Prigent, Heidsieck et même Luca restent incomplets s'ils ne sont pas proférés, puisqu'ils sont avant tout écrits pour solliciter au maximum les organes
vocaux. Je crois même que Charles Pennequin parlait "d'écriture de la respiration" (mais je peux me tromper).


Renier le récital ou la performance dans ces cas-là, ce serait comme lire le texte d'une pièce de théâtre en se passant de la représentation à proprement parler : faisable mais bancal, tant
certains poèmes passent avant tout par le corps. Regarde une perf' d'Edith Azam ! cette femme a une plume incroyable, et libère une tension et une énergie terrible lorsqu'elle met en voix ses
textes ! tu retrouves ça dans son écriture, mais je trouve que la simple lecture est encore une fois une façon incomplète d'entrer dans son univers et sa respiration.


Sinon, concernant Ghérasim Luca : très peu cité et étudié, en effet. Je prépare un travail universitaire sur lui, et les bons livres et les bons articles (tout confondu) sur lui se comptent sur
les doigts d'une main et demie... Mais ça, je pense que c'est dû au fait qu'il se soit toujours tenu en marge de tous les mouvements artistiques. Du coup, difficile de l'intégrer dans une
réflexion globale...



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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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