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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 00:12

 

 

 

 

On s’enferme dans des carcasses
De chair on se cloisonne loin
De tout ça
Depuis la porosité des murs
Depuis la conque des jours lents
(Une parodie de soi)
La langue progresse – essaie – 
La langue se déchire sur le seuil

 

La langue vient

 

 

Une transparence de la lampe s’offre
À la crispation de la main
Pâle la nuit étouffe

 

Elle entre
Elle emplit la vue
Elle emplit la chair
Elle dans les simagrées du vent
Elle reconnue

 

 

Jusque là il n’y a rien
Jusque là une présence effleure
Jusque là son corps
Elle
Sans souffle
L’univers crisse à la porte
Un pan du corps plonge

 

 

On s’expose
Le ton est donné
La parole devient condensation
L’air n’y est plus
Le ton n’y est plus
La voix casse
Un fil recoud nos existences
Voudrait

 

 

Un instant elle s’efface

 

 

Le liant s’effrite un peu


La pièce se froisse
La vie écarte
(Passable la vie)
Les gestes semblent soudain désaccordés
Une drôle de pluie frappe l’œil


Ça tarit
Enfin non


La parole n’y est toujours pas

 

 

Les mouvements passés se bousculent
La tête reflue
Ce fut quelques années auparavant
Quelques années s’étaient échafaudées
Pas de coordination dans tout ça


Quelques années


Elles emplissaient la pièce
Elles se dispersaient de toute la largeur
Du monde elles se dispersaient
Aux quatre coins vides


Manquait encore le mécanisme de la gorge

 

 

De nouveau ses gestes identiques à tant
Le pas ne semble pas réduire l’écart
Il ne semble pas être


Le pas


Un peu d’air s’alourdit malgré tout
Dans les poumons ça habite
Le mot afflue depuis le regard
Un muscle se crispe
Quelques gouttes de sang circulent lourdes :
L’air s’expire

 

 

La pièce est toujours là

 

 

Il suffirait de remonter le flot
Des pensées pour voir


Une lourdeur profonde s’installe
Dans le bras
Le corps pèse
Ça disloque
L’être éclate en-dedans des côtes


La chambre est toujours là
Le bureau est toujours là
En désordre
Le lit est toujours là
Les étagères craquent sous tant de


Un peu de lumière voudrait encore

 

 

Le regard devient passable
Le regard devient entier
Une tempête semble battre la prunelle
Un instant le corps s’affaisse
Sous le souvenir inerte du geste


Un ressac de lumière emporte les ombres

 

 

Un instant son corps s’efface
Un instant sa présence s’offre
La nuit s’écrase à la fenêtre


La gorge libère le souffle

 

 

Ça voudrait encore un peu
Sa voix s’effrite sur les murs
Nos sens se confondent


L’écho naît du peu d’air


La pièce s’irrigue
Le reste vit

 

 

Sans doute
Ça palpite
Le regard vert-de-gris
Sans doute


L’écart dissout le vide
L’écart se dissout


La parole s’alourdit dans la chair même
Nos corps deviennent échos
Quelque part dans la pièce vide

 

 

 


Yannick Torlini

 

 

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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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