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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 22:17

Lecture de Jean-David Lemarié

 

 

 

je parole avec des mots je parole ma vie dans des mots qui sont les miens quand je parole le mot voudrait et moi je suis à l’intérieur à l’intérieur des mots et de la malangue et je veux au commencement d’un bout à l’autre du mot d’ordre comme une existence légère du corps et du corps à corps dans l’acceptation d’être hors de ma carcasse car le je c’est du tu condensé dans la malangue qui ne demande qu’à sortir par la parole pour proposer sa propre parole le tu ne demande qu’à sortir pour proproser son existence au dehors de la langue vers la malangue pendant que le je sors et j’expire et le je crache ma trachée sur le quotidien comme une bouillie de nerfs



***



Je parle l’amour sans voix et sans corps la vie lointaine je 

perds le chemin alors qu’ici le sens se prend dans les 

mailles de la chair l’existence comme une l’âme de fond je 

sonde le son qui m’envahit de son langage de gestes parle du je 

au tu et je m’envahis : le corps naît dans le cri du corps 

et tout le reste



***



Comme si les minutes te tordaient le cou à chaque syllabe : si

la vie n’est pas une série de sons s’acheminant vers rien si

le silence n’est que le simulacre du corps vidé de sa substance

passe encore la parole passe encore le mot au creux de la gorge

passe encore l’existence sous le porte-voix de rien

le poème jusque dans les reins



***



La langue au pilon le corps au pilori du je tords-moi

et la vie et ma gorge et ma colonne vertébrale dans le

cri de foutre et je m’existe dans le désir sonorité de

ma bouche : le souffle c’est de la mâle-langue désirante

et déployée vers tu et rien



***



La malangue vit jusqu’à l’orée de la bouche la malangue est une pierre laissée en travers de l’être la malangue est une pierre de sang de sperme et de fécalité et de quelque chose la malangue progresse avec ma mort de quelque chose en travers de moi comme si le silence était du non-moi concentré dans quelque chose et même irradié de moi la malangue c’est du quelque chose

la malangue me crie à chacun de mes gestes la malangue c’est du je m’écris et du je m’écrie jusqu’au moindre et dans la moindre vibration de l’existence la malangue c’est du je quelque chose m’existe chaque matin dans mon silence la malangue me tue quelque chose chaque matin dans ma gorge
la malangue est un râle de tout le corps la malangue c’est moi qui me bégaie jusqu’à en crever la malangue me vit et m’existe quelque part dans mon silence

 

 

Yannick Torlini

 

 

 


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commentaires

Pellier 01/11/2010 16:28



Saisissant. Merc!



Pascale 01/11/2010 12:49



ça donne très envie de côtoyer ta recherche.



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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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