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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 12:18

 

 

 

 

l’as-tu en tête cette cuisine

 

mais déjà je sais que cent fois elle fut l’unique envol de ta tête

si bien que cent fois

(mais le nombre n’est pas même une approximation

puisque tombant nous ne pouvons compter)

cent fois déjà la cuisine

et ta tête

se sont mutuellement effacées du décor

et ni ta tête ni

la cuisine

ne peuvent être une scène sans arrêter la théâtralité de notre rencontre

 

la blancheur des assiettes est le seul décor inamovible

et leur lumière ne se fixe jamais sans aussitôt arrêter le réel en plein rêve

 

reste une théâtralité sans théâtre

un décor sans lieu

puisque le vide est le décor plein d’un événement inassignable

qu’on ne peut isoler dans le continu lumineux d’une chute

 

tomber dans tomber

mais la caducité des modèles en fait un chemin où seul l’arrêt serait dangereux

une idée claire et distincte est le sol étal de la cuisine

la vitesse est notre seule survie

puisqu’elle seule infinit notre face-à-face avec l’infini

 

je dis vitesse

mais je pourrais tout aussi bien dire trouble

et je pourrais le dire très lentement

en surarticulant chaque instant de l’événement qui presque efface

fond entre eux tous les visages que nos bouches dans l’air font naître il y a foule

oui

il y a foule

dès lors que nous sommes en marche

nous sommes nombreux

nous sommes dans cette cuisine un nombreux

un des nombreux nombreux du monde et tellement

qu’on ne peut plus se compter

 

 

 


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  • : Tapages
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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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