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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 20:52

Golem présenté sur le blog de Yannick Glaas : ici

 

Le silence ! et le froid chez moi qui gémit
Tu le sens ?! qui glisse au creux de tes bras
Sur le bord des fenêtres grises ! Et ton œil
Coule. Et se déchire ! J’entends les cris noirs
Du béton, le bruit des roues qui frappent
Tous ces mots, la violence qui te submerge et
Frappe ! Frappe en silence les yeux qui piquent
La vieille chouette en silence et le froid
Ecoute ce que tu ne peux pas entendre
Le cri du gris qui passe au creux de moi
Comme une lame ébréchée, le sang séché
Dans ma bouche qui fait silence, silence, silence
Pourquoi crier ? quand on est seul que
Ça donne mal à la gorge de crier, pourquoi ?!
Qui afflue, qui reflue, comme la marée grise
Parfois laisse entre les mains des débris de rire
Décharné, qui tressaute et se moque de toi
Comme ces couleurs que tu as vues au fond du silence
Comme en rêve. Alors ! tu ne fais que ça
Qui sort de ta bouche et que tu façonnes
Entre tes doigts, GOLEM ! que tu jettes
Contre le mur, tu casses les fenêtres
Et tout cela sans bouger , sans jamais
Bouger les bruits que tu entends comme
Une aspirine, n’existent pas, n’ont jamais
Existé ! sans expression tu crées la matière tu
Crées la matière en dedans, toujours plus de
Boue de tes pensées, toujours plus de poèmes
De mots golems, toujours plus de murs aussi
Les dents serrées, les paroles tournent dans ta bouche
Et tu les entends tourner en gémissant, tu les entends
Qui n’existent pas, il n’y a que la feuille blanche
Qui est grise et tu as beau la crever en pensée
La déchirer, elle reste grise, et on viendra
Ta la prendre grise, toujours, grise la page blanche
Les pensées vaincues qui se heurtent aux dents d’aciers
Tu es débordé, tes cheveux comme des mauvaises pensées
Qui poussent, poussent, et sortent au dehors
Avant de se dessécher, seul contact avec la réalité, seul
Contact les cheveux comme du lierre qui courent
Et cassent, cassent le mur avant de mourir !
Seul savane, seul espace de liberté desséchée et pourrie
Qui a vu le jour, le vrai jour, entre les dents, entre le mur
Au creux de toi, tu vas plus vite, toujours plus
Vite, la matière, tu continues à créer
Ce que tu mettras en forme après, petit poème
Petit golem, ça bave ! trop, trop de mots silence, tu
Vas devoir couper, tu te vois couper ! trancher dans le vif
Du poème que tu éclateras contre le mur
Comme des boules de neige de boue, que tu tiendras
D’abord dans la main comme un petit oiseau et
Tu le nourriras ! en te faisant
Régurgiter tout ce gris, tout ce silence qui
Volera, il volera le silence un instant avant
D’aller s’écraser, là bas, contre le mur, un battement
De poème, un battement de golem au creux de tes mains
Un instant, alors ! tu régurgites, te fait vomir, pour le golem
De plus en plus vite, encore ! la bile
Abyme du silence, liquide et dégueulasse, le silence
Qui se désagrège et puis tu n’as plus rien dans le
Ventre. Rien que le golem au creux des mains que tu bouffes
Oui ! tu bouffes le poème pour avoir plus
A donner la prochaine fois, plus de silence, plus de gris
En cube, un instant et tu recommences, voler !
Sur le mur, tu régurgites encore et encore, le gris
L’instant, tu crées la matière, toujours plus de mots
Que tu façonnes, tu bouffes et vomis comme tu battrais
Des ailes si tu en avais des mots pour créer un courant
D’air, de mouvement dans ce monde de pensées IMMOBILES qui
Ne change PAS, jamais ! tu veux
Créer un battement de mouvement, un
Instant d’ailes que tu ferais sortir de ta tête en gémissant qui
S’agripperait le long de tes cheveux en tournoyant et qui fracasserait
Le mur ! pendant un instant faire bruisser la réalité
Un silence d’ailes, blanc, pour un autre
Silence léger durant un instant ouvrir
Les yeux et AGIR sur le monde et sur le gris faire
Un point de crayon sur la feuille une
VIRGULE, juste une VIRGULE qui déchire
De plus en plus vite, tu bouffes le golem
Devient de plus en plus
Le poème éclate ! éclate !  
ECL AT E et

Pourquoi ?
Crier dans le vide quand on est seul
La magie a disparu de nouveau la boue le silence
Tu as du gris sur les yeux, rien n’a changé ce n’était 
Qu’un battement de cœur un peu plus fort, Peut-être
Le chant du cygne

 

 

Jean-David Lemarié 


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