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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 11:58

 

 

 

Ça voulait ramper noir, jusque dans le creux de la gorge qui se déployait, lente, à vif, sur un cadastre de nerfs.

Fourmillements des chairs, la fenêtre éclatait sa nuit sur le mur. Terne : on n’y voyait plus. On voulait, mais peu. Plus beaucoup, pas vraiment. Ni quoi. Ça devint tremblant : très. Un instant, il fut facile de croire à ces bris de ton intériorité, comme une présence fragmentée qui emplirait la chambre. Leur fausse clarté. Âpres combien, de la javel dans les tripes, la mort dans les draps, la vie flasque. Même.

Ça aurait aimé luire. Quand.

On balançait le reste avec lassitude. Sans vraiment vouloir quoi que ce soit, mais avec l’automatisme du geste que l’on n’a pas répété depuis longtemps. Sans y être, mais même : le corps occupait encore un coin d’espace, quelque part, minime ; ta respiration essaimait peu. Ce fut un miroir famélique, pris de déchirures, aveugle.

On ramassait nos vies pour quitter la scène.

L’œil brisé, la lumière molle, rien. Dans un silence qui ne recréait rien. Ça disséminait, dans l’absolu absout. Le reste prit la nuance pisseuse d’un fond de bière tiède, la tête infusée d’angoisses, le geste laissé à l’écart, en archipels, autre : je tu il. Mais.

 

 

 

 

Yannick Torlini

 

 

 

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commentaires

Yannick 17/10/2010 17:19


Hello Coline ! content que ça te plaise. Le style du poème s'est échappé du recueil qui doit paraître chez CDL. C'est narratif et haché, c'est une expérience.
Sabine : il ne faut pas chercher le sens, mais le mouvement


sabine 17/10/2010 14:05


c'est dur à décodé ! jai une idée du sens mais pas sure


coline 17/10/2010 13:50


Tous ces bris, ces usures, quels éclats tu leur donne, concasseur !
Ce que j'aime c'est que ces ellipses n'ont rien d'artificiel, elle suivent le souffle, le cheminement de la pensée, tu décapes seulement le langage pour lui faire prendre corps...


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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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