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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 10:44

ICI

 

C'est le journal d'ici

ICI comment dire? Ici

un lieu 

une place

une petite comète dans l'univers 

aux senteurs délicieuses

de thym romarin lavande parfumée violette 

Je suis là 

j'ai tout laissé de mon ancien passé

même la plus belle planète a des écueils

Je m'échappe dans le vertige 

quand je regarde les cimes je m'y noie 

verticalement en voyage

je hais l'horizontalité

je préfère flirter avec les nuages

ils durent s'attardent et fuient

Je m'emporte avec eux

rien ne vaut de rester ici

sous mon arbre au nom liquide  

MICOCOULIER

quelle étrange aventure que ce qui nous advient

je tourne les cartes 

« choisis-en une »dit-il

et c'est ainsi qu'elle tomba sur REFLEXION

 

Etrange aventure que de réfléchir sur l'ICI

je n'ai pas l'habitude puisque j'ai d'entrée choisi l'ailleurs PRIMO

secondo la réflexion n'est pas mon fort

j'aurais plutôt tendance à aimer divaguer

tertio je ne tiens pas en place

l'ICI est un territoire aux multiples facettes que jévite

de peur de me confronter aux murs de l'inévitable

J'aime EVITER

sourire d'évitement

c'est une stratégie confortable où règne la LIGNE

la ligne de fuite

où je me promène allègrement

 

 

 

 

 

 

Donc ICI serait le lieu de l'étrange aventure humaine

un jour ici un jour là 

un jour vivant un autre jour absent

j'ai dérivé sur la LIGNE et me voilà AILLEURS

que j'essaie de dire en précisant les signes

je peux décliner les choses 

sachant bien que « les choses sont les choses », dit Pessoa

et qu'ainsi quelque certitude de l'exister peut s'installer ICI

la myrte sur la tombe

le thym dans la soupe

la ligne des crêtes bleu sombre à l'aube

les pierres érodées qui s'effritent

le jaune des genêts

l'heure régulière de la cloche

le soleil baisse et la lumière s'affaiblit

la journée va finir

repos de l'ICI

je vais nager sur d'autres lignes noires et blanches

comme la musique noire et blanche

comme d'autres visages nous éloignant de l'étroite demeure 

D'ICI

je voyage dans la pénombre des corps  

dans la vie des autres

je regarde rien d'autre n'accroche que cette terre imaginaire

cette autre vision des CHOSES

les choses tues

les choses dites 

les sussurées murmurées inaudibles

les rêves les ports les aérogares

où tu fuis ils fuient

toutes les vies sont ICI

aucun doute puisque surgissent des croisements

des réseaux

des myriades d'étoiles que sont leurs histoires

leurs lieux leur multitude

qui jamais ne se repose

afin d'EVITER la grande paix de l'allongement certain

 

 

 

 

 

 

Ma petite maison est bien calfeutrée entre les herbes

nous y vivons de peu sous l'ange de l'amour 

Qu'est-ce? L'amour? Le chagrin?

Nous parlons des choses

du pain quotidien

de la rosée fraiche des jours

de la fatigue sur les yeux

du bruit du monde auquel nous tournons le dos

Ma petite maison sent bon derrière les oliviers de la colline

on la voit peu

discrète comme une apparition

une illusion de nous

une cavalcade de nos sens en éveil 

un ICI  presqu'invisible 

dont  je dis « je m'en souviendrai »

et je continue de parler de ces souvenirs qui n'existent pas encore

J'ai beau parler 

je sens que je n'existe pas

je me demande ce qu'est EXISTER

ce mot impressionne

il a de multiples facettes

Etre serait plus circonscrit

mais je n'en suis pas LA

j'ai beau dire

il reste un mystère où ma mère se repose

et moi je recompose

j'erre dans la recomposition

je dis/vague sur la LIGNE

je m'y sens absentée

il y a de quoi rire

isn'it

nous sommes quelques-uns à le penser

mais QUOI

Je reviens de loin 

là où il n'y a pas d'horizon

où je n' EXISTE pas

mes images d'enfance apparaissent

elles nagent dans le mystère du sommeil

je vis ma vie à l'envers

c'est assez confortable

vous devriez essayer

ISN'IT

donc il reste des lieux  et des images

j'ai beau me taire

elles sont là

c'est LA  mon lieu d' EXISTER

le silence y est fécond

je m'absente

où irons-nous ensemble

l'image de l'ouragan apparaît

je me terre

je n'aime que les vagues

t'en souviens-tu

ICI  est plus immobile

empreint de grandes réalités étouffantes 

j'ai beau fumer

il en reste toujours quelque chose

cendres cendres cendres

A  VENIR

je dois maintenant vous aimer

je dois raison garder

tout près de mon sémaphore

à l'aise dans ma guérite

je veille 

nous sommes nombreux

c'est ICI qu'est ICI

Ainsi  veillant je tremble

j'aspire à quelque renouveau

où la ligne deviendrait spirale

je monterais très lentement sur des cimes

inconnues jusque LA

 

 

voilà j'y suis

j'y suis bien

calme du LISSE des vagues

bleu gris tout en haut

Je regarde

je regarde enfin ce qui m'unit

à ce LIEU-LA

 

J'apporte quelques modifications 

le mur d'enceinte sera de chaume

pour éviter que l'on s'y cogne

seuls quelques ouvertures par EN BAS

vers la planète

 

que rien ne dérange le beau silence du ciel

qu'on s'y rende avec précaution et respect

pour changer d'avec le rude désordre d' ICI BAS

on se refait les cils les yeux les paupières 

on avance tel Orphée

l'atmosphère se fait plus rare

mais qu'importe

on est bien  LA

 

Sans bagages et sans armes 

juste un sifflement doux à nos oreilles

CHOUOUHH

chououhh

et qui va diminuant dès qu'on s'éloigne

Qu'est-ce que cette prairie au loin? 

je crois la reconnaître...

est-ce bien TOI ou TOI qui y jouait?

Je dois remonter le courant parfois tourmenté EN DECA

inutile d'avoir peur 

les algues bercent et te laissent flotter

Ophélie doit être ICI

une compagne de l'entre-deux rives

je l'aime avec ses beaux cheveux verts

mirifique forme humaine

 

 

Tous les pays ICI se confondent

c'est pourquoi on ne peut rien en dire

juste ALIGNER  les éléments qui les composent

couleurs et formes s'entremêlent

la langue se heurte

on ajoute des trouvailles

creux bosses vallées trous rocailles cisailles

carmin ocre vert sombre soleil

mes yeux s'écartent pour VOIR

quand même empêtrés dans leurs noms difficiles

 

Je m'accroche au sol fuyant

je déserte la possible reconnaissance

pour aller vers L'AVANT

 

 

Je comprends qu' ICI  n'est pas un lieu

juste l'illusion d'être QUELQUE PART

hier sur un mur de la ville s'affichait 

« I am in nowhere »

auquel il serait judicieux d'ajouter

I am born in nowhere

c'est peut-être LA  qu'il faut chercher

s'incliner vers cette provenance

cet acte d'un quelconque père

ICI  devient alors ce qui est insupportable

mêlé à l'origine et à la fin

peut-être la mort de ma mère engendre-t-il un peu de la mienne

et donc me laisserait sans force à combattre 

dans cette vie où JE ne s' appartiendrait plus tout à fait

j'ai les yeux grands ouverts

et je vois l'ombre qui s'approche

 

 

Que fait-on chaque jour contre les images?

Celles qui viennent nous assiéger sans qu'on crie gare

celles qui parlent dans la nuit

celles qui clignotent et craquent

comme pluie sur la cendre encore chaude.

 

J'aime à n'être pas justifiée 

comme mon texte

j'aime à naître une autre

je vais m'approcher de cette lumière

qui trace une esquisse différente

comme un second pas sans souvenirs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Page blanche où vient ce qui vient ce qui n'est pas advenu ce qui bouge encore sans un geste ce qui laisse à deviner à couler dans le neuf à dire ce qui n'est pas encore

 

 

 

 

 

 

ALORS je ne parle pas encore

les yeux ont dû s'ouvrir loin de l'espace liquide

  • souvenir confortable -

peu à peu se désarticulent les branchies

afin de laisser passer l'air

 

Flirte un doux souffle où mon cri s'apparente

je plonge dans l'espace sans comprendre

j'ai dû regarder aussi

oui j'ai dû

 

A maintenant celle sans regard

je tente le LIEU de nous

celui où s'est constitué un pays 

-de mots de rives et de langage -

un pays maternel où lire mon ETRE ICI

 

Ce pays est une voix qui ouvre sur des portes

la maison s'ouvre et se ferme

mais toujours résiste à la disparition

certaines portes sont les miennes

d'autres réservées au frère, à la soeur

ou à tout autre qui ne fut presque personne

 

 

Alors je regarde la maison

alors je joue à apparaître à tous les âges

je joue à être l'être dissous désormais dans la mémoire

ELLE n'est plus

 

 

 

 

 

 

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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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