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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 13:57

cher fils, mon très cher fils, ici bien longtemps que l’attente persiste. ici bien longtemps et des siècles que l’agonie guette, au silence bien longtemps et des poussières au silence. celui laissé par. mon très cher fils, ici la poussière, le silence des siècles au très silence. peut-être un battement de paupières peut-être, ou trente générations peut-être, depuis la dernière fois. oui, depuis la dernière fois que : je t’ai écrit : pour me taire, la dernière fois. peut-être. oui.


 

 à toi je dis l’implosion vécue je dis l’implosion et des siècles d’écroulement, je dis. à toi je dis entends. déployé et dans le vide encore, je dis la tremble des jours. je dis je t’écris ce rien que je d(o)is transmettre entends. chaque jour comment je tue un homme en moi. chaque jour et toi peut-être dans le très silence, (je dis) le désastre toujours à l’affût. la fragmentation du corps : dans le quotidien, les salariats, la patience, et ces deux hommes qui s’affrontent toujours.


 

 quel mal te feront-ils, fils, très fils. quel mal te tueront-ils comme ils me tuent : avec précision, acharnement, dévotion. quel mal ni plus ni moins que la patience ils. fils, très fils ils, leur patience la tienne, et des siècles t’exister jamais vivre à t’en tuer, t’entretuer. ni plus ni moins et le désastre, au jamais, grand jamais vivre, ils. tu. je. quel mal encore, tandis que l’agonie guette, quel mal au très silence du corps t’exister sinon rien, fils, mon très cher fils palabre encore cette impossibilité d’être.

 plie ton désastre au bon vouloir de matin + nuit + encore + toujours plie ton : désastre. au désastre du monde. et le mien. et le nôtre. et le vôtre aussi plie toujours et encore. le désastre des désastres l’attente qui, goutte à goutte, siècle après siècle, guette. fige ta volonté fige, ta chair fils, très fils, et encore le désastre d’être corps pas là pas là jamais là palabre oui. palabre être corps jamais rien et plié plié plié plié. plié jamais rien plié.


 dans l’indécision, la tremble des saisons dans, le lent devenir mon fils, comme ma peau s’est durcie au fil des ans, comme ma peau et ces années que tu ne connaîtras pas, cette très douleur de l’instant. car c’est dans le très que j’existe. avant le trop comme ma peau a durci. comme j’ai vécu dans l’urgence de cesser, et cesser, et cesser encore. l’exigence du désastre et ce que je reprends ici le corps qui t’écrit, ne pas devenir.

 

 

 

 


 

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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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