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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 21:35

fils, mon très cher fils, tout ce que je t’écris un matin cesser ton corps. cette idée de la ruine et puis (temps, attente, recommencements), un matin seulement le dernier cesser. ce qui ne peut plus, la dislocation de chaque seconde sous ta peau le désastre : pullule. un matin cesser tout corps, toute langue, dans ce qui n’est que trop langue déjà cesser la gorge. et tout le reste encore tout le reste encombre, fils, ces deux hommes en moi et celui à (faire) taire, cesser le rien.

 tout ce que je t’écris un matin jamais plus. la guerre dans une guerre ma lutte, chaque matin pour : survivre à la répétition de jour + jour + jour + désastre + disloque. chaque matin survivre, jamais plus au très silence fils, cher fils, cette langue vide que je t’abandonne au crier, écrire. au vide des instants qui s’étirent je t’abandonne l’os, le sol, l’angoisse. je t’abandonne, ce que je n’ai pu, ne pourrai.

tout ce qu’un matin je ne t’écrirai plus écrire, tout ce qu’un matin encore la langue s’arrêter tout. s’arrêter plus jamais repartir, fils, très fils, s’affaisser à l’intérieur de soi je ne t’écrirai plus, crier, repartir, s’isoler dans. ce désastre à la douleur du très silence plus rien, plus respirer encore. je t’offrirai la pesanteur de l’os, l’instabilité de la chair, avant de me taire avant.

je ne t’écrirai plus des siècles mon propre corps, le très silence des jours. je ne t’écrirai plus vivre crier taire, poursuivre l’intervalle et tenter malgré tout je ne t’écrirai plus vivre. rien d’autre la gorge nouée, ces instants forcés et l’air qui ne passe plus mon cher fils rien que l’aridité de l’os. rien que la pierre et ce qui n’a pas de présence comment t’écrire : ce vide, ce désastre, ce peu à peu et chaque seconde. ce peu à peu et (à) jamais.


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commentaires

coline dé 19/10/2012 22:41


Ca m'est rentré sous la peau comme une écharde, Yannick...

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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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