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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 12:19

 

 

 

 

s’arrêter tu disais s’arrêter lorsque ta voix
ne s’arrêtait pas s’arrêter tu disais non pas
encore un matin il fallait poursuivre tu
disais poursuivre oui encore et toujours mal-
gré les temps ressassés la table et l’attente
quatre murs s’arrêter non tu disais non lorsque
le désastre globalisé permettait une voix tu disais
mourir oui mourir non pas encore pas
encore s’arrêter dans les jours pas encore

 

 

 

***

 

 

je te voyais attendre en déséquilibre le
basculement de tout l’univers quatre murs
arrêtée atterrée je te voyais chercher le centre
de gravité de ta vie sans aucun centre ni
contours assise sur ta chaise fixe et immuable
comme tu espérais un mouvement oui un geste
oui qui serait venu de nulle part ou de chaque
frémissement de la fenêtre s’étirant comme

 

 

***

 

 

je te voyais chaque matin dévorer sans dents le
corps du mot & de la langue & du quotidien je
te voyais chaque matin identique assise entre les
quatre murs de ta vie à mastiquer ruminer ton
déploiement dans l’espace & le siècle sans dents
broyer (ou tenter de) la langue étouffante je te
voyais attendre assise à ta table quatre murs
assise dans ta cuisine quatre murs assise dans une
posture laissant présager le désespoir qui vient je te
voyais assise attendre un changement la possibilité
de vivre encore je te voyais assise à en crever

 

 

***

 

 

je te voyais assise à la table des souvenirs
le regard noyé dans ce rien qui
peu à peu te bouffait toi et ton corps
famélique au fond de ces jours lents et ressassés je
te voyais assise à la table vide de ta
vie (quatre pieds formica) attendre que
ta bouche passe dans l’instant embourbé
encore et encore ton désastre personnel aux
basques du désastre global ta perspective obstruée
je te voyais assise entre quatre murs attendre
une fenêtre dans ton enclave de bétons

 

 

***

 

 

nous n’étions que des cloisons bien qu’il aurait
fallu exister quelque part dans les coins
tu inventais mes yeux je te voyais assise muette j’
inventais ta langue seuls nous crevions à
deux assis à la table du désastre généralisé du
désastre extériorisé/mondialisé/individualisé notre
immense famine je te voyais assise tes poches et
ton cœur vides ta table bancale un monde
qui tournait sans toi j’étais les quatres murs de
ta bouche j’étais ton silence la fenêtre qui
chaque matin ne donnait sur aucune rue la
fenêtre qui chaque matin réduisait ta perspective

 

 

 

***

 

 

tu t’es arrêtée un jour entre quatre murs tu
t’es arrêtée un jour comme tu t’es atterrée
dans un espace divis à ta table perdue et vide
cloisons hermétiques tu t’es arrêtée un jour sans
doute encore un matin dans ta parole vivisection
sans doute encore un matin il t’a fallu trouver une
respiration la tienne dans l’espace concédé
incomplet il t’a fallu respirer encore entre quatre
murs un matin respirer et vivre et poursuivre la
division des jours un matin atterrée il t’a fallu
vivre encore et continuer et exister et respirer
atterrée quatre murs ta vivisection quotidienne
un matin peut-être encore il t’a fallu sans doute
un matin peut-être encore sans doute il t’a fallu

 

 


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  • : Tapages
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  • : Tapages, c'est les attardés de l'avant-garde. Tapages, c'est du réchauffé, parce que la cuisine c'est pas notre truc. Tapages, c'est ceux qui croient qu'on a encore un corps en état de fonctionner. Tapages, c'est ceux qui pensent que le poème est un corps en action.
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